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Un bon plan(t) contre les lithiases calciques

Publié le 20/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les données épidémiologiques indiquent qu'en 10 ans, la moitié de tous les patients ayant une lithiase urinaire calcique développeront une ou plusieurs nouvelles lithiases mais on ne dispose d'aucun traitement médical à leur opposer (1). Or 75 % de toutes les lithiases urinaires sont calciques ; elles sont principalement composées de cristaux d'oxalate de calcium (COC) pur (50 %), de phosphate de calcium (5 %), ou d'un mélange des deux (45 %) ; ces COC peuvent être monohydratés (COCM, de structure hexagonale) ou dihydratés (COCD, de structure bipyramidale).

Des COC ont été mis en présence d'extraits aqueux de feuilles, de tiges et de rhizomes d'une plante cultivée en Amérique et devenue populaire en Inde car elle aurait la vertu de favoriser la production d'insuline, Costus igneus (alias C. cuspidatus ou Chamaecostus cuspidatus, son nom actuel ; CI) (2) afin d'évaluer les effets inhibiteurs de la plante sur la croissance des COC.

Les COC prélevés ont été caractérisés par spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (une technique de mesure pour l'acquisition de spectres infrarouges) pour confirmer les groupes fonctionnels, et par des analyses de la diffraction des rayons X (diffractométrie de rayons X ou radiocristallographie car la diffraction n'a lieu que sur la matière cristalline) pour confirmer les phases cristallines des COC. 

Lors de l'augmentation de la concentration de l'extrait aqueux de CI de 0,15 % à 1,00 %, la taille moyenne des COC a diminué de 1616,7 x 810,7 mm à 1025,2 x 834,4 mm et leur poids a été réduit de façon statistiquement significative (ANOVA, p < 0,05).

Une étude en microscopie électronique à balayage a confirmé (p < 0,05) que la morphologie des COC s'était modifiée, aboutissant à des COCD.

Ces modifications pourraient être dues à la présence dans CI de molécules bio-organiques (phénols, flavonoïdes, stéroïdes, alcaloïdes et terpénoïdes) qui peuvent se lier aux ions Ca++ pour fournir des sites de nucléation.

L'utilisation d'extraits aqueux de CI peut donc promouvoir la formation de COCD en inhibant la formation de COCM, et CI pourrait devenir le premier traitement médical des lithiases urinaires calciques.

 

Illustration : de gauche à droite : Chamaecostus cuspidatus et feuillage de Chamaecostus cuspidatus   

 

1) Tiselius HG. Urinary tract stone disease: Are all problems solved ? Scand J Urol Nephrol 2012 May 1. [Epub ahead of print]
2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chamaecostus_cuspidatus



Dr Gérard LOEB


Kesavan M et coll. In vitro evaluation of calcium oxalate monohydrate crystals influenced by Costus igneus aqueous extract. Scand J Urol Nephrol 2012 May 1. [Epub ahead of print]


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