> Accueil JIM > La prednisolone a un effet bénéfique sur les séquelles de la paralysie faciale idiopathique

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

La prednisolone a un effet bénéfique sur les séquelles de la paralysie faciale idiopathique

Publié le 25/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le pronostic de la paralysie faciale idiopathique (PFI) ou maladie de Bell est globalement favorable : environ 70 % des patients se rétablissent complètement dans les 6 mois sans traitement. Les 30 % restants ont des séquelles à des degrés divers. Le traitement vise à les prévenir et est basé sur le processus physiopathologique présumé, l'inflammation du nerf facial, laquelle pourrait être due à la réactivation du virus herpétique.

Une méta-analyse réalisée partir de la base de données Cochrane sur 7 essais réunissant 1987 participants n'a constaté aucune supériorité des antiviraux par rapport au placebo pour la récupération complète de la PFI (1). Toutefois, lorsque les antiviraux sont administrés avec des corticostéroïdes, ils pourraient apporter un bénéfice supplémentaire.

Bien qu'on sache que la prednisolone améliore le taux de récupération complète, on manque de grandes études contrôlées évaluant l'effet des corticoïdes sur les séquelles de la PFI. Un essai clinique randomisé en double aveugle contrôlé contre placebo a donc été entrepris : il a inclus entre 2001 et 2006, 829 patients (341 femmes et 488 hommes) âgés de 18 à 75 ans, provenant 17 centres de référence afin d'étudier l'efficacité de la prednisolone sur les séquelles de la PFI et l’effet du traitement antiviral, dans le cadre d'une grande étude scandinave, la Scandinavian Bell’s Palsy Study (2).

Dans les 72 heures suivant l'apparition de la PFI les patients ont été randomisés dans l'un des quatre groupes thérapeutiques suivants : placebo plus placebo (n = 206) ; prednisolone 60 mg / j / 5 jours puis 10 mg/j / 5 jours, plus un placebo (n = 210) ; valaciclovir 1 000 mg 3 fois par jour / 7 jours, plus un placebo (n = 207) ; prednisolone plus valaciclovir (n = 206).

La fonction faciale a été évaluée à 12 mois par le score de Sunnybrook (ScS, "facial grading system") (3) et par la classification de House et Brackmann, HB (4). Le ScS évalue la symétrie de repos, le degré de mouvement volontaire, et les syncinésies (contractions involontaires d'un muscle ou d'un groupe de muscles) pour former un score composite dans lequel "zéro" indique une paralysie complète et 100 une fonction normale. La HB se compose d'une échelle à 6 degrés (de I à VI), dans lequel I indique un fonctionnement normal et VI la paralysie complète. Les patients ont été regroupés en fonction de la gravité des séquelles selon le ScS (< 90, < 80, < 70, < 60 et < 50) et la HB (> I, > II, > III et > IV) à 12 mois. La gravité des syncinésies au 12e mois de suivi a été analysée en utilisant les scores de syncinésie de Sunnybrook (de 1, la syncinésie  la moins sévère, à 15, la syncinésie  la plus sévère).

Chez 184 des 829 patients, le ScS était inférieur à 90 à 12 mois ; 71 d’entre eux avaient été traités avec prednisolone et 113 n’en avaient pas eu  (p < 0,001). Chez 98 des 829 patients, le ScS était inférieur à 70 : 33 patients avaient reçu de la prednisolone et 65 non (p < 0,001).
Pour la HB, la différence entre les sujets traités par prednisolone et ceux qui n’avaient pas pris de corticothérapie était également significative (p < 0,001 pour un score > I et p = 0,01 pour un score > II, respectivement).

Aucune différence significative n'a été observée avec ou sans prednisolone pour le ScS < 50 (p = 0,10) ou pour le HB > III (p = 0,80). Pour les syncinésies évaluées chez 743 patients, 90 patients avaient un score > 2, dont 33 avaient reçu la prednisolone et 63 n'en n'avaient pas eu (p = 0,001) ; 60 patients avaient un score syncinésie > 4, dont 22 avaient reçu la prednisolone et 38 non (p = 0,005)

La Scandinavian Bell’s Palsy Study a été considérée comme étant à faible risque de biais par la revue Cochrane (1), et l'utilisation de deux scores (HB, réputé relativement grossier, et ScS, plus sensible) diminue encore ce risque. La prednisolone réduit donc significativement les séquelles légères et modérées de la PFI ; le valaciclovir n'a pas eu d'effet supplémentaire.



Dr Gérard Loeb


Berg T et coll. : The Effect of Prednisolone on Sequelae in Bell’s Palsy. Arch Otolaryngol Head Neck Surg., 2012; 138: 445-9.

1) Lockhart P et coll. Antiviral treatment for Bell’s palsy (idiopathic facial paralysis). Cochrane Database Syst Rev., 2009; 4:CD001869.
2) Engström M et coll. Prednisolone and valaciclovir in Bell’s palsy. Lancet Neuro., 2008; 7: 993-1000.
3) Ross BG et coll. Development of a sensitive clinical facial grading system. Otolaryngol Head Neck Surg., 1996;114: 380-6.
4) House JW, Brackmann DE. Facial nerve grading system. Otolaryngol Head Neck Surg., 1985; 93: 146-7.




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions