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Maladie de Ménière : résultats de l’injection transtympanique de streptomycine/dexaméthasone

Publié le 30/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L'objectif de cette étude rétrospective menée entre 2002 et 2010 était d’évaluer les changements auditifs et de qualité de vie chez 299 patients (312 oreilles traitées) atteints de maladie de Ménière, chez lesquels 393injections transtympaniques d’un mélange titré de streptomycine/dexaméthasone ont été pratiquées. Parmi les multiples traitements proposés pour traiter la maladie de Ménière, la labyrinthectomie chimique effectuée à travers la perfusion intratympanique de fortes doses d’aminosides s’avère efficace pour contrôler les vertiges tout en étant plus simple et moins invasive qu’une labyrinthectomie chirurgicale. Elle est devenue le traitement de choix dans la maladie de Ménière du fait de son efficacité et de sa simplicité. La corticothérapie générale est précieuse de par ses propriétés anti-inflammatoires. Elle agirait sur les processus auto-immuns semblant impliqués dans la genèse de la maladie. Néanmoins, ses effets secondaires limitent la quantité utilisable par voie systémique, et la quantité efficace atteignant la périlymphe reste faible. La voie transtympanique permet de délivrer une forte concentration de corticoïdes à la périlymphe, plus importante que celle pouvant être obtenue par les traitements oraux ou parentéraux. Différentes études en ont montré le bénéfice au stade précoce de la maladie : amélioration de l’audition, diminution de la sensation de plénitude de l’oreille, des vertiges et de l’instabilité. Dans ce travail, les auteurs ont utilisé une thérapie « combinée » par titration, mélangeant une faible dose de streptomycine (10 mg/ ml) associée à une forte dose de dexaméthasone (24 mg/ml) en administration transtympanique, en plus de l’administration quotidienne de 16 mg de dexaméthasone par voie intraveineuse, le tout durant 3jours consécutifs. Il persiste un désaccord dans la littérature sur le meilleur schéma thérapeutique permettant contrôle du vertige et préservation de l’audition, désaccord portant aussi sur le moment optimal d’interruption de la thérapie.

Ici, le traitement s’achevait lorsque les vertiges étaient contrôlés de façon satisfaisante au plan subjectif, sans qu’il ne soit nécessaire, comme l’ont proposé d’autres études, que les réponses vestibulaires aux stimulations caloriques froides soient totalement abolies.

Parmi les 299 patients étudiés (131 hommes [43,8 %] et 168femmes [56,1 %]), d’âge moyen 57 ans (18 à 90), 56 des 312oreilles montraient une amélioration significative du seuil auditif après traitement.

Le suivi audiométrique était de 94 jours (8 à 1603 jours). Les auteurs ont également observé que la méthode de titration avait des résultats significativement meilleurs et était plus efficace dans le contrôle du vertige que les autres méthodes. Les injections hebdomadaires induisaient le plus bas taux de baisse auditive. Parmi les méthodes d’administration (injection directe dans l’oreille moyenne; injection dans la fenêtre ronde via un microcathéter ou dépôt de la substance sur MicroWick de Silverstein), aucune n’a démontré sa supériorité. Un questionnaire de qualité de vie a été posté à tous les patients ayant subi le protocole indépendamment du nombre de traitements ou de l’intervalle entre chacun d’entres eux. Cette approche peut présenter un biais : un patient ayant subi un traitement plusieurs années auparavant peut voir son audition s’être améliorée spontanément, tandis qu’un autre ayant bénéficié d’un traitement récent peut ne pas encore en avoir tiré de bénéfices. Pour les auteurs, l’injection transtympanique d’un mélange titré streptomycine/dexaméthasone chez les patients atteints de maladie de Ménière est une méthode permettant de préserver l’audition, d’usage facile, bien acceptée par les patients et efficace pour contrôler leurs vertiges. Cette méthode peut être éventuellement combinée avec un autre traitement médical. Au total, elle a permis de contrôler les vertiges chez 78,9%des patients après une seule séance, chez 94 % d’entre eux après deux séances, chez 98_% d’entre eux après trois séances. Elle peut donc avantageusement être comparée à d’autres méthodes d’injection trans- ou intratympaniques d’aminosides en termes de préservation de l’audition. Quant au score de qualité de vie, critère essentiel, 90%des patients l’ont amélioré après traitement. Ce type de protocole rend désormais les procédures invasives (chirurgie du sac endolymphatique, section du nerf vestibulaire, labyrinthectomie chirurgicale) bien moins communes dans le traitement de la maladie deMénière.



Dr M.Ballester


Shea PF et coll. Hearing results and quality of life after streptomycin/
dexamethasone perfusion for Meniere’s disease. Laryngoscope
2012 ; 122 : 204-11.




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