Si des études antérieurement publiées ont affirmé que les
procédures interventionnelles coronaires réalisées chez des
patients jeunes avaient un bon pronostic, il faut bien reconnaitre
qu’elles étaient toutes rétrospectives et avaient été effectuées,
sur des populations de patients très hétérogènes, avant l’ère des
stents et qui plus est avant l’ère des stents actifs.
Qu’en est-il à l’heure actuelle ?
Meliga et coll. ont évalué, dans une étude rétrospective et
multicentrique, le pronostic à moyen et long terme de 214 patients
consécutifs âgés d’au plus 40 ans (âge moyen 36,3 +/-3,5 ans ;
hommes : 88,3% ; fumeurs : 75%) qui avaient développé une maladie
coronaire précoce et avaient bénéficié, entre 2005 et 2010, d’une
angioplastie coronaire suivie de l’implantation d’un stent (n=
272), nu (n=154) ou actif (n=118).
Tous les patients avaient au moins un facteur de risque
cardiovasculaire ; 6 patients sur 10 avaient une
hypertension et/ou une hypercholestérolémie mais, lors
de leur admission à l’hôpital, seuls 5 % étaient
traités par un antihypertenseur ou un hypocholestérolémiant.
Pendant l’hospitalisation liée à la procédure interventionnelle,
il n’a été noté aucun décès et le taux d’accidents cardiaques et
cérébrovasculaires majeurs s’est élevé à 2,3 %. Durant les 30
premiers jours qui ont suivi la procédure, aucun événement
supplémentaire n’est survenu.
Avec un suivi moyen de 757 jours, la mortalité totale a
été de 0,9 % et une nouvelle revascularisation s’est
avérée nécessaire chez 12,6 % des patients. Au 757e et au 1 818e
jour, le taux de survie libre de tout accident cardiaque et
cérébrovasculaire majeur était respectivement de 89,6 % et
84,2 %. Un tabagisme actif et une fraction d’éjection ventriculaire
gauche < 50 % ont été identifiés comme étant des facteurs
prédictifs indépendants de la survenue de ces accidents
majeurs.
En conclusion, chez des coronariens jeunes (âge ≤ 40 ans),
l’angioplastie coronaire suivie de l’implantation d’un stent a un
bon pronostic à court et moyen terme. Elle pourrait bien
représenter le traitement de choix de ces patients. Dans cette
population particulière, les facteurs de risque cardiovasculaire
classiques se sont avérés être des éléments
déterminants du pronostic et leur présence pourrait aider à
identifier les jeunes patients les plus exposés et à les
traiter en conséquence.
Dr Robert Haïat
Meliga E et coll.: Long-term outcomes of percutaneous coronary interventions with stent implantation in patients ≤ 40 years old. Am J Cardiol., 2012; 109: 1717–1721.
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