Les vertiges d’origine vestibulaire affecteraient plus de 25 %
des adultes et 50 % des personnes de plus de 60 ans. La rééducation
vestibulaire a prouvé son efficacité dans la prise en charge de
plusieurs de ces troubles de l’équilibre d’origine vestibulaire (le
vertige positionnel bénin, la maladie de Ménière et les vertiges
multifactoriels de la personne âgée), mais des difficultés
pratiques font que tous les patients n’y ont pas accès. A
défaut ils s’accommodent d’un traitement symptomatique et d’une
réassurance quant à la bénignité de leurs troubles.
Pour remédier à cela, une équipe du Royaume Uni a eu l’idée de
fournir, aux patients consultant leur généraliste pour un
dysfonctionnement vestibulaire, un livret leur indiquant des
exercices de rééducation à faire chez eux. Le British Medical
Journal publie les résultats d’une étude évaluant l’efficacité et
le coût d’une telle opération, comparé à la prise en charge
habituelle. À certains patients qui avaient reçu le livret était
aussi proposée une assistance téléphonique par un kinésithérapeute
spécialisé dans ce type de prise en charge.
Les auteurs avaient prévu que la supériorité de la rééducation
vestibulaire se manifesterait dès la 12ème semaine de
traitement. Ce ne fut pas le cas. A 12 semaines, l’amélioration du
score de vertiges de diffère pas significativement entre les
groupes (différence moyenne – 1,79 ; intervalle de confiance à 95 %
– 3,69 à 0,11). C’est à l’évaluation réalisée 1 an après que la
méthode du livret fait la preuve de sa supériorité, avec ou sans
support téléphonique, avec une amélioration subjective des
symptômes et une diminution du handicap plus de 2 fois plus
importante dans ces groupes (livret + téléphone : −2,52 (−4,52 à
−0,51), P=0,014; livret seul : −2,43 (−4,27 à −0,60), P=0,010). Ce
constat est en adéquation avec de précédentes publications qui
préconisaient que la rééducation vestibulaire soit poursuivie au
long cours.
Il est vrai que les auteurs se sont basés sur le système de
soins du Royaume-Uni en évoquant des difficultés d’accès rapide à
la kinésithérapie en soins primaires. Ce n’est sans doute pas le
cas en France, et l’on aimerait bien entendu une étude comparant
les résultats de l’auto-rééducation à ceux obtenus avec un
kinésithérapeute entraîné à ce type de pratique. Il s’agit
toutefois d’une idée à exploiter pour les patients qui, pour
diverses raisons, n’auraient pas facilement accès à la
kinésithérapie ou pour favoriser la poursuite au long cours de la
rééducation à domicile.
Dr Roseline Péluchon
Yardley et coll. : Clinical and cost effectiveness of booklet based vestibular rehabilitation for chronic dizziness in primary care: single blind, parallel group, pragmatic, randomised controlled trial. BMJ 2012;344:e2237 doi: 10.1136/bmj.e2237
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |