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Il faut du temps pour apprivoiser le vertige

Publié le 27/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les vertiges d’origine vestibulaire affecteraient plus de 25 % des adultes et 50 % des personnes de plus de 60 ans. La rééducation vestibulaire a prouvé son efficacité dans la prise en charge de plusieurs de ces troubles de l’équilibre d’origine vestibulaire (le vertige positionnel bénin, la maladie de Ménière et les vertiges multifactoriels de la personne âgée), mais des difficultés pratiques font  que tous les patients n’y ont pas accès. A défaut ils s’accommodent d’un traitement symptomatique et d’une réassurance quant à la bénignité de leurs troubles.

Pour remédier à cela, une équipe du Royaume Uni a eu l’idée de fournir, aux patients consultant leur généraliste pour un dysfonctionnement vestibulaire, un livret leur indiquant des exercices de rééducation à faire chez eux. Le British Medical Journal publie les résultats d’une étude évaluant l’efficacité et le coût d’une telle opération, comparé à la prise en charge habituelle. À certains patients qui avaient reçu le livret était aussi proposée une assistance téléphonique par un kinésithérapeute spécialisé dans ce type de prise en charge.

Les auteurs avaient prévu que la supériorité de la rééducation vestibulaire se manifesterait dès la 12ème  semaine de traitement. Ce ne fut pas le cas. A 12 semaines, l’amélioration du score de vertiges de diffère pas significativement entre les groupes (différence moyenne – 1,79 ; intervalle de confiance à 95 % – 3,69 à 0,11). C’est à l’évaluation réalisée 1 an après que la méthode du livret fait la preuve de sa supériorité, avec ou sans support téléphonique, avec une amélioration subjective des symptômes et une diminution du handicap plus de 2 fois plus importante dans ces groupes (livret + téléphone : −2,52 (−4,52 à −0,51), P=0,014; livret seul : −2,43 (−4,27 à −0,60), P=0,010). Ce constat est en adéquation avec de précédentes publications qui préconisaient que la rééducation vestibulaire soit poursuivie au long cours.

Il est vrai que les auteurs se sont basés sur le système de soins du Royaume-Uni en évoquant des difficultés d’accès rapide à la kinésithérapie en soins primaires. Ce n’est sans doute pas le cas en France, et l’on aimerait bien entendu une étude comparant les résultats de l’auto-rééducation à ceux obtenus avec un kinésithérapeute entraîné à ce type de pratique. Il s’agit toutefois d’une idée à exploiter pour les patients qui, pour diverses raisons, n’auraient pas facilement accès à la kinésithérapie ou pour favoriser la poursuite au long cours de la rééducation à domicile.



Dr Roseline Péluchon


Yardley et coll. : Clinical and cost effectiveness of booklet based vestibular rehabilitation for chronic dizziness in primary care: single blind, parallel group, pragmatic, randomised controlled trial. BMJ 2012;344:e2237 doi: 10.1136/bmj.e2237


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