Décidément, on n’arrête pas le progrès…Il y a une dizaine
d’années, la TEP/TDM (tomoscingraphie par émission de positons
couplée à la tomodensitométrie) faisait son entrée dans la pratique
oncologique courante en France. Actuellement, grâce au
développement et à la diffusion des cyclotrons pour la production
de fluor 18, la TEP-TDM est devenue accessible à la plupart des
oncologues de ce pays. Il y a une dizaine d’années aussi, les
constructeurs de caméras à positons considéraient qu’il était
impossible de coupler une machine TEP et une IRM pour des motifs
techniques. Aujourd’hui, les plus grands constructeurs proposent
dans leur catalogue un appareil hybride intégrant une TEP et une
IRM avec un aimant de 3 Tesla (3T).
A ce stade, peu de services de médecine nucléaire se sont
équipés de ce dernier pour des motifs financiers y compris dans
certains pays européens. Il en est différemment aux Etats-Unis et
en Allemagne où quelques services sont équipés, avec déjà une
première expérience clinique. Une étude allemande réalisée à Munich
a ainsi comparé TEP-TDM et TEP-IRM chez 32 patients atteints d’une
pathologie maligne.
Il faut préciser que la machine est installée depuis 12 mois
dans le service de médecine nucléaire de la Technische Universität
de la ville. Les deux techniques ont été utilisées chez le même
patient après une injection unique de fluorodéoxyglucose (FDG)
marqué par le fluor 18 (18F-FDG), la dose moyenne étant de 401+42
Mbq, Une correction de l’atténuation et du rayonnement diffusé a
été appliquée aux données issues des deux examens, la
reconstruction des images étant assurée par itération et non par
rétroprojection filtrée. La lecture visuelle de ces dernières a été
confiée à deux équipes entraînées qui ont dénombré les lésions
significatives, en l’occurrence les foyers «hypermétaboliques»,
tout en précisant leur topographie. La qualité des images a été
également appréciée. Une mesure du SUVmax (standardized uptake
value max) a été effectuée au niveau de ces foyers. Ce paramètre
semi-quantitatif donne une idée de l’intensité de la captation du
déoxyglucose.
La durée de l’acquisition des données s’est avérée être la même
pour les deux examens, soit ≤ 20 minutes, ce qui est considéré
comme court en médecine nucléaire. La qualité des images a été
jugée bonne ou excellente dans les deux cas. Le nombre des foyers
détectés a été identique en TEP-TDM et en TEP-IRM, soit 80. Il en a
été de même pour le nombre de patients concernés par ces foyers,
soit 20.
Aucune discordance n’a été mise en évidence quant au diagnostic
topographique. En outre, une corrélation étroite a été établie
entre les SUVmax mesurés au moyen des deux techniques (r=0,93) et
il en a été de même pour le bruit de fond tissulaire (r=0,92).
En bref, la TEP-IRM est faisable en pratique courante et son
efficacité semble être correcte, mais il faudra tout de même
démontrer qu’elle apporte un plus par rapport à la TEP-TDM. En
effet, ces machines hybrides révolutionnaires sont d’un coût élevé,
ce qui peut avoir un effet dissuasif dans le contexte actuel. A
suivre…
Dr Philippe Tellier
Drzezga A et coll. : First clinical experience with integrated whole-body PET/MR : comparison to PET/CT in patients with oncologic diagnosis. J Nucl Med 2012 ; 53 :845-856.
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