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TEP-IRM en oncologie, une première année d’expérience

Publié le 28/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Décidément, on n’arrête pas le progrès…Il y a une dizaine d’années, la TEP/TDM (tomoscingraphie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie) faisait son entrée dans la pratique oncologique courante en France. Actuellement, grâce au développement et à la diffusion des cyclotrons pour la production de fluor 18, la TEP-TDM est devenue accessible à la plupart des oncologues de ce pays. Il y a une dizaine d’années aussi, les constructeurs de caméras à positons considéraient qu’il était impossible de coupler une machine TEP et une IRM pour des motifs techniques. Aujourd’hui, les plus grands constructeurs proposent dans leur catalogue un appareil hybride intégrant une TEP et une IRM avec un aimant de 3 Tesla (3T).

A ce stade, peu de services de médecine nucléaire se sont équipés de ce dernier pour des motifs financiers y compris dans certains pays européens. Il en est différemment aux Etats-Unis et en Allemagne où quelques services sont équipés, avec déjà une première expérience clinique. Une étude allemande réalisée à Munich a ainsi comparé TEP-TDM et TEP-IRM chez 32 patients atteints d’une pathologie maligne.

Il faut préciser que la machine est installée depuis 12 mois dans le service de médecine nucléaire de la Technische Universität de la ville. Les deux techniques ont été utilisées chez le même patient après une injection unique de fluorodéoxyglucose (FDG) marqué par le fluor 18 (18F-FDG), la dose moyenne étant de 401+42 Mbq, Une correction de l’atténuation et du rayonnement diffusé a été appliquée aux données issues des deux examens, la reconstruction des images étant assurée par itération et non par rétroprojection filtrée. La lecture visuelle de ces dernières a été confiée à deux équipes entraînées qui ont dénombré les lésions significatives, en l’occurrence les foyers «hypermétaboliques», tout en précisant leur topographie. La qualité des images a été également appréciée. Une mesure du SUVmax (standardized uptake value max) a été effectuée au niveau de ces foyers. Ce paramètre semi-quantitatif donne une idée de l’intensité de la captation du déoxyglucose.

La durée de l’acquisition des données s’est avérée être la même pour les deux examens, soit ≤ 20 minutes, ce qui est considéré comme court en médecine nucléaire. La qualité des images a été jugée bonne ou excellente dans les deux cas. Le nombre des foyers détectés a été identique en TEP-TDM et en TEP-IRM, soit 80. Il en a été de même pour le nombre de patients concernés par ces foyers, soit 20.

Aucune discordance n’a été mise en évidence quant au diagnostic topographique. En outre, une corrélation étroite a été établie entre les SUVmax mesurés au moyen des deux techniques (r=0,93) et il en a été de même pour le bruit de fond tissulaire (r=0,92).

En bref, la TEP-IRM est faisable en pratique courante et son efficacité semble être correcte, mais il faudra tout de même démontrer qu’elle apporte un plus par rapport à la TEP-TDM. En effet, ces machines hybrides révolutionnaires sont d’un coût élevé, ce qui peut avoir un effet dissuasif dans le contexte actuel. A suivre…



Dr Philippe Tellier


Drzezga A et coll. : First clinical experience with integrated whole-body PET/MR : comparison to PET/CT in patients with oncologic diagnosis. J Nucl Med 2012 ; 53 :845-856.




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