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FA : bref ou prolongé, le traitement antiarythmique post-cardioversion ?

Publié le 28/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Après réduction d’une fibrillation auriculaire (FA) par cardioversion et retour du rythme sinusal, la durée du potentiel d’action auriculaire (que la FA avait raccourci) revient à la normale en 2 à 4 semaines, délai  avant lequel les récidives sont les plus fréquentes.

On sait que le traitement antiarythmique  allonge le potentiel d’action et prolonge la période réfractaire de l’oreillette. Mais  est-il réellement nécessaire au-delà de la 4e semaine après la cardioversion,  une fois que le potentiel d’action auriculaire s’est normalisé ?

Kirchhof et coll. ont tenté de répondre à cette interrogation qui n’est pas sans intérêt pratique  puisqu’un traitement  antiarythmique  court  induirait moins d’effets secondaires et serait moins coûteux.

L’étude prospective allemande  Flec-SL (Flecainide Short-Long trial), randomisée, ouverte, mais aveugle quant à l’analyse des résultats, a été menée entre  2007 et 2010 dans 44 centres. Les 601 patients inclus présentaient une FA réduite avec succès par cardioversion ; ils ont été assignés après randomisation à 3 groupes : contrôle (sans traitement antiarythmique ; n=77), traitement  par flécaïne [200-300 mg/jpour] court (4 semaines ; n=261) ou long (6 mois ; n=263).

Avec un suivi de 6 mois basé sur la surveillance  quotidienne télémétrique de l’ECG, complétée au besoin par un Holter ECG, le critère principal de l’étude  (récidive d’une FA, persistante ou décès) est survenu chez 120 (46 %) des patients sous traitement préventif court et  103 (39 %) des patients sous traitement long (survie sans évènement  48,4 % [intervalle de confiance [IC] à 95 % 41,9–55,0] vs 56,4 % [49,1–63,6]; soit une différence de  7,9 % [–1,9 à 17,7]; p=0,2081 pour la  non infériorité du traitement court). Par ailleurs, comme on pouvait s’y attendre, la flécaïne s’est montrée supérieure à l’absence de traitement (survie [Kaplan-Meier] 70,2 % vs 52,5 %; p=0,0160).

Une analyse  post-hoc des patients  restés indemnes, le premier mois, de tout élément du critère principal a montré que  le traitement long par la flécaïne était significativement  supérieur au traitement court (différence estimée [Kaplan-Meier] de 14,3 % [5,1–23,6]; hazard ratio 0,31 [0,18–0,56]; p=0,0001).

Il apparaît ainsi que 6 mois après la cardioversion réussie d’une FA, un traitement court (4 semaines) par la flécaïne n’est pas « non-inférieur », en terme d’efficacité,  à un traitement  long (6 mois) ;  cependant, le traitement court peut tout de même prévenir  80 % des récidives de la FA et ce, avec une qualité de vie comparable à celle du traitement long.

Un traitement préventif court peut donc avoir une efficacité qui perdure bien au-delà du terme lié à sa  pharmacocinétique. Il pourrait être indiqué toutes les fois que : la FA est secondaire à une cause transitoire ; la durée de la FA a été suffisamment courte pour ne pas avoir entraîné de remodelage irréversible des structures auriculaires ; l’on craint l’effet proarythmique d’un traitement antiarythmique long.

Quant au  traitement préventif prolongé, il est indiqué dans tous les autres cas et notamment en  présence d’une cardiopathie ancienne ou d’un long passé de  FA  associée à un important remodelage auriculaire.



Dr Robert Haïat


Kirchhof P et coll.: Short-term versus long-term antiarrhythmic drug treatment after cardioversion of atrial fibrillation (Flec-SL): a prospective, randomised, open-label, blinded endpoint assessment trial. Lancet 2012 ; pubication avancée en ligne le 18 juin. DOI: 10.1016/S0140- 6736(12)60570-4


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