Les troubles du spectre autistique (TSA) recouvrent des troubles
de l’interaction sociale et de la communication, des stéréotypies
et des troubles connexes tels qu’hyperactivité, insomnie et
automutilation ; l’ensemble retentit de façon majeure sur la
qualité de vie des enfants et des familles. Ces symptômes sont de
gravité variable d’un enfant à l’autre. Il a été suggéré que les
difficultés associées pourraient être expliquées en partie par un
déficit en acides gras polyinsaturés de la série oméga 3 (ω 3) et
que la supplémentation pourrait aboutir à une amélioration des
symptômes.
Une récente revue systématique de la littérature (Cochrane) a
identifié seulement deux petites études réunissant 40 enfants
et comportant un groupe contrôle traité par placebo. Elles ont été
publiées, l’une en Autriche, l’autre aux USA. Les enfants traités
de 6 à 12 semaines à la dose de 0,7 à 0,8 g/jour d’EPA et 0,4 à 0,7
g/jour de DHA, se situaient à l’extrémité « la plus grave » du
spectre autistique, de sorte que les résultats ne sont applicables
qu’à ce sous groupe de malades. Aucune amélioration statistiquement
significative n’a été constatée dans ces deux essais. Toutefois,
une tendance à un plus grand calme et moins d’irritation a été
notée par les parents.
Dans l’état actuel des choses, quelle information donner aux
parents au sujet de la supplémentation ω 3 ? Le plus souvent, quand
il viennent en consultation avec leur enfant, celui-ci reçoit
déjà des ω 3 dans 74 % des cas, qu’ils aient été recommandés
par des médecins, des thérapeutes ou internet ! Or, ont trouve sur
les linéaires des pharmacies ou des supermarchés pas moins de
30 produits contenant des ω 3 ou de l’huile de poisson en quantité
très variable. A la question : quand commencer le traitement et
quelle marque choisir, les auteurs de cette analyse sont tentés de
répondre que cela importe peu puisqu’il n’y a aucune preuve que
cela amène une amélioration. Cependant, des effets secondaires
quoique très rares sont possibles : tels que saignement et
abaissement du seuil épileptique avec certains produits (primerose
oil).
Enfin, le début du traitement, s’il y a, devrait être précoce en
phase de développement cérébral
En conclusion, l’intérêt des ω 3 dans les spectres de l’autisme
demande encore à être évalué par des études prospectives, sur des
sous groupes de patients moins gravement atteints et avec d’autres
méthodes de mesure que celles utilisées dans ces deux essais. Du
reste, quatre autres études réunissant 272 patients sont en
cours.
Pr Jean-Jacques Baudon
Williams K, Marraffa C. No evidence yet to support omega-3 fatty acids as a treatment for autism. J Pediatr Child Health 2012;48:534-36.
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