L’augmentation des connaissances en matière de troubles
psychiatriques se traduit-elle, concrètement, par une meilleure
compréhension de ce sujet dans la société et par une plus grande
tolérance à l’égard des malades mentaux ? Réalisée par des équipes
exerçant dans plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Autriche Italie),
une méta-analyse exploite des informations émanant de grandes bases
de données de la littérature médicale (PubMed[1], PsycINFO[2], Web
of Science[3]) pour tenter de répondre à cette question.
Les auteurs partent du constat que les avancées de la science
depuis plusieurs décennies ne se cantonnent pas aux seuls
spécialistes, mais que cette masse croissante d’informations est
partagée aussi par le grand public. Au terme de leur recherche
(analysant seize publications), les promoteurs de cette étude
constatent « l’émergence de deux grandes tendances » : une
meilleure connaissance sur les questions concernant la santé
mentale, « en particulier dans ses dimensions biologiques », et un
« meilleur accord sur l’aide que peuvent apporter les
professionnels » en cas de troubles psychiatriques.
Mais ces progrès ne se traduisent pas par des avancées
comparables dans le regard de la société sur la maladie mentale où
la littérature médicale sur le sujet ne révèle « aucune évolution »
ou même « un rejet encore plus marqué » (changes to the worse) des
malades mentaux, depuis une vingtaine d’années. Ce rejet « constant
» demeure donc un « phénomène préoccupant », puisqu’en pratique,
cette « meilleure compréhension des corrélats biologiques de la
maladie mentale par le public » n’entraîne pas (pas encore ?) une «
meilleure acceptation sociale » des malades mentaux et ne constitue
pas un « remède contre la stigmatisation et la discrimination » à
leur encontre.
[1] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed
[2] http://www.bu.univ-paris5.fr/spip.php?article171
[3]
http://thomsonreuters.com/products_services/science/science_products/a-z/web_of_science/
Dr Alain Cohen
Schomerus G et coll. : Evolution of public attitudes about mental illness: a systematic review and meta-analysis. Acta Psychiatrica Scandinavica, 2012: 125: 440–452.
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |