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Pas assez vaccinés, les ados sont en danger

Publié le 30/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le directeur général de la santé devait, le 26 mars dernier, saisir le Haut conseil de la santé publique (HCSP) pour l’inviter à lui faire part de ses réflexions sur le Programme national d’amélioration de la politique vaccinale 2012-2017, déclinée en 5 axes stratégiques et 12 actions, en identifiant les aspects qu’il considérait comme prioritaires et les points manquants ou insuffisamment développés. Le HCSP, qui vient tout juste de rendre son rapport, approuve globalement chacune des actions proposées ainsi que la présentation qui en est faite dans le document de synthèse, et identifie quelques points qui mériteraient qu’on s’y arrête, comme la mise à disposition de vaccins achetés par l’état et rétrocédés gratuitement à la population (geste fort d’engagement de l’état en faveur de la vaccination) et le dogme des recommandations appuyées par des preuves, alors qu’il apparaît que les recommandations vaccinales pourraient, dans certains cas, être fondées sur des niveaux de preuve qui ne sont pas optimaux (d’où nécessité de budgets supplémentaires ad hoc).

Tout le monde semble donc d’accord pour optimiser la politique vaccinale française. La couverture vaccinale serait-elle donc si trouée en hexagone ? Un éditorial récent, dans la revue Médecine et Maladies infectieuses, prend presque la forme d’un cri d’alarme. Pour les auteurs, si la couverture vaccinale est globalement satisfaisante dans la petite enfance, elle se dégrade ensuite à l’adolescence et à l’âge adulte. Si l’on prend en considération les vaccinations qui figurent au calendrier vaccinal depuis plus de 10 ans (Diphtérie Tétanos Poliomyélite, coqueluche, Rougeole Oreillons Rubéole, hépatite B), force est de constater que moins de 27 % des adolescents ont l’ensemble à jour ; et  si l’on considère les vaccins plus récemment introduits, les résultats sont encore moins bons : par exemple, seulement le tiers des jeunes filles de 15 ans ont reçu le vaccin contre le papillomavirus, au calendrier depuis 2007. La vaccination contre le méningocoque, préconisée depuis 2009 jusqu’à l’âge de 24 ans, est même si faible qu’elle ne permet d’obtenir aucune réduction du réservoir de méningocoques C et compromet  les effets indirects bénéfiques chez les jeunes nourrissons, pourtant observés dans des pays plus compliants…

L’OMS soulignait, dès 1999, l’importance de vacciner les adolescents et identifiait 4 objectifs pour accroître les efforts vaccinaux dans cette population. Ces objectifs, loin d’être atteints chez nous, sont encore et toujours d’actualité. L’épidémie de rougeole qui frappe le pays depuis 3 ans illustre parfaitement le problème. Le bulletin de l’ECDC de février dernier notait que, sur les 30 567 cas rapportés en 2011 par 29 pays européens, la France comptait à elle seule pour plus de la moitié avec 15 206 cas notifiés (dont 16 complications neurologiques, 714 pneumopathies graves et 6 décès). Le rapport du HCSP sera-t-il suivi d’effets ?  



Dr Jack Breuil


Cohen R et coll. : Couverture vaccinale : les ados en danger… le point à l’occasion de la semaine de la vaccination. Médecine et Maladies Infectieuses 2012 ; 42 : 139-40



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