La pratique régulière de frottis reste recommandée pour les
femmes vaccinées contre les papillomavirus (HPV). Les génotypes 16
et 18 contenus dans les deux vaccins commercialisés sont
responsables d’au moins 70 % des cancers du col et la vaccination
confère une protection contre les néoplasies intra-épithéliales
provoquées par ces deux génotypes. Dans quelle mesure la poursuite
des frottis est-elle alors nécessaire ?
C’est à cette question que répond une étude réalisée par une
équipe londonienne. Elle commence en 2004, alors que la vaccination
anti-HPV n’a pas encore débuté. Au total 2 185 jeunes femmes
sexuellement actives (16 à 27 ans) sont incluses dans un programme
de prévention contre les infections pelviennes et se prêtent à un
prélèvement vaginal sur lequel est réalisé un test HPV. Seize mois
plus tard, 821 d’entre elles acceptent de subir à nouveau ce
test.
A l’entrée dans l’étude, 404 participantes (18,5 %) ont un test
positif pour un HPV à haut risque, HPV 16 le plus souvent (5,4 %).
Mais pour 327 (15 %) d’entre elles il s’agit d’un type de HPV
carcinogène non inclus dans les vaccins actuels et 7 % sont
infectées par plusieurs types de HPV.
Parmi les 821 femmes qui se sont prêtées à la deuxième phase de
l’étude, 143 qui étaient positives au premier test. Elles sont
encore 20 avec un test positif 16 mois après, qui ne sont donc pas
« guéries » ou qui se sont réinfectées entre temps, 13 avec un HPV
16 ou 18 (65 %) et 9, soit près de la moitié (45 %) avec un
génotype non présent dans le vaccin. Cette deuxième étape découvre
aussi 145 autres femmes (17,7 %) nouvellement infectées par un ou
plusieurs types de HPV, portant l’incidence annuelle à 12,9 % pour
tous les types confondus, et à 9,8 % pour les types non inclus dans
les vaccins.
Les auteurs notent au passage que le seul facteur prédictif
d’infection à HPV est le nombre de partenaires au cours des 12 mois
précédant le test.
L’incidence relativement élevée des infections par les génotypes
non contenus dans le vaccin et la fréquence de la persistance de
ces infections à 16 mois justifient donc pleinement de poursuivre
les frottis chez les femmes vaccinées. Malgré l’existence très
probable d’une immunité croisée avec les génotypes 31, 33, 45, 52
et 58, eux aussi à risque carcinogène.
Dr Roseline Péluchon
Oakeshott P et coll. : Frequency and risk factors for prevalent, incident, and
persistent genital carcinogenic human papillomavirus infection in sexually active women: community based cohort study. BMJ 2012;344:e4168 doi: 10.1136/bmj.e4168
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Vos réactions |
Un premier frottis à 25 ans
Le 13 juillet 2012
Je ne vois pas en quoi cette étude réponds à la question.
Elle aurait été intéressante si elle avait été réalisée sur un échantillon de femmes plus âgées.
Que des femmes jeunes soient en contact avec des HPV de toutes sortes, on le savait ...
L'infection par HPV oncogène ou non, est très fréquente dans les premières années d'activité sexuelle (prévalence + ou - 45 %) et la guérison survient dans 90 % des cas en + ou - 2 ans.
C'est pourquoi, les recommandations proposent un premier frottis à 25 ans.
Muriel Martineau
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