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Voici pourquoi il faut continuer les frottis même en cas de vaccination contre le papillomavirus

Publié le 01/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La pratique régulière de frottis reste recommandée pour les femmes vaccinées contre les papillomavirus (HPV). Les génotypes 16 et 18 contenus dans les deux vaccins commercialisés sont responsables d’au moins 70 % des cancers du col et la vaccination confère une protection contre les néoplasies intra-épithéliales provoquées par ces deux génotypes. Dans quelle mesure la poursuite des frottis est-elle alors nécessaire ?

C’est à cette question que répond une étude réalisée par une équipe londonienne. Elle commence en 2004, alors que la vaccination anti-HPV n’a pas encore débuté. Au total 2 185 jeunes femmes sexuellement actives (16 à 27 ans) sont incluses dans un programme de prévention contre les infections pelviennes et se prêtent à un prélèvement vaginal sur lequel est réalisé un test HPV. Seize mois plus tard, 821 d’entre elles acceptent de subir à nouveau ce test.

A l’entrée dans l’étude, 404 participantes (18,5 %) ont un test positif pour un HPV à haut risque, HPV 16 le plus souvent (5,4 %). Mais pour 327 (15 %) d’entre elles il s’agit d’un type de HPV carcinogène non inclus dans les vaccins actuels et 7 % sont infectées par plusieurs types de HPV.

Parmi les 821 femmes qui se sont prêtées à la deuxième phase de l’étude, 143 qui étaient positives au premier test. Elles sont encore 20 avec un test positif 16 mois après, qui ne sont donc pas « guéries » ou qui se sont réinfectées entre temps, 13 avec un HPV 16 ou 18 (65 %) et 9, soit près de la moitié (45 %) avec un génotype non présent dans le vaccin. Cette deuxième étape découvre aussi 145 autres femmes (17,7 %) nouvellement infectées par un ou plusieurs types de HPV, portant l’incidence annuelle à 12,9 % pour tous les types confondus, et à 9,8 % pour les types non inclus dans les vaccins.

Les auteurs notent au passage que le seul facteur prédictif d’infection à HPV est le nombre de partenaires au cours des 12 mois précédant le test.

L’incidence relativement élevée des infections par les génotypes non contenus dans le vaccin et la fréquence de la persistance de ces infections à 16 mois justifient donc pleinement de poursuivre les frottis chez les femmes vaccinées. Malgré l’existence très probable d’une immunité croisée avec les génotypes 31, 33, 45, 52 et 58, eux aussi à risque carcinogène.



Dr Roseline Péluchon


Oakeshott P et coll. : Frequency and risk factors for prevalent, incident, and
persistent genital carcinogenic human papillomavirus infection in sexually active women: community based cohort study. BMJ 2012;344:e4168 doi: 10.1136/bmj.e4168




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Vos réactions

Un premier frottis à 25 ans

Le 13 juillet 2012

Je ne vois pas en quoi cette étude réponds à la question.
Elle aurait été intéressante si elle avait été réalisée sur un échantillon de femmes plus âgées.
Que des femmes jeunes soient en contact avec des HPV de toutes sortes, on le savait ...
L'infection par HPV oncogène ou non, est très fréquente dans les premières années d'activité sexuelle (prévalence + ou - 45 %) et la guérison survient dans 90 % des cas en + ou - 2 ans.
C'est pourquoi, les recommandations proposent un premier frottis à 25 ans.

Muriel Martineau

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