Chez les patients coronariens en fibrillation auriculaire (FA),
faut-il préférer les stents nus ou les stents actifs ? C’est la
question à laquelle L. Fauchier et coll. ont tenté de répondre à
partir d’un registre d’une cohorte de 8 962 patients
consécutifs, non sélectionnés qui avaient consulté pour une
FA au Centre hospitalier de Tours (France) entre 2000 et
2010. Au cours du suivi, 833 d’entre eux (9 %) ont eu
à bénéficier d’une angioplastie suivie de l’implantation d’un
stent nu (n = 678 ; soit 81 %) ou actif (n = 155 ; soit 19 %).
A la sortie de l’hôpital, dans les groupes stents nus et stents
actifs, ont été prescrits respectivement : aspirine chez 92 %
et 94 % des patients ; antivitamine K chez 23 % et 18 % des
patients ; trithérapie (anti-vitamine K, aspirine,
clopidogrel) chez 14 % et 13 % des patients.
Avec un suivi médian de 688 jours, la mortalité totale (4,5
%/an) et l’incidence des événements cardiaques majeurs (décès,
infarctus myocardique aigu, revascularisation de la lésion cible)
(13,4 %/an) étaient semblables dans les deux groupes. Il en était
ainsi même après ajustement pour l’âge et pour les autres facteurs
confondants.
Les facteurs associés de façon indépendante à un risque accru
d’événements cardiaques majeurs étaient : un âge avancé (hazard
ratio [HR] = 1,024 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,004
à 1,044] ; p = 0,02), l’implantation d’un stent à la phase aiguë
d’un infarctus du myocarde avec sus-décalage persistant du
segment ST (HR = 1,81 ; IC95 de 1,10 à 2,99 ; p = 0,02) et le
diamètre du stent (HR 1,09 ; IC95 de 1,01 à 1,18 ; p = 0,03).
Les facteurs associés de façon indépendante à un risque accru de
décès étaient : un plus grand âge et une insuffisance rénale.
Comparée à celle d’un stent nu, l’implantation d’un stent actif
ne s’est pas accompagnée d’une augmentation du taux de saignements
majeurs ; elle n’a pas augmenté non plus le risque de survenue
d’événements indésirables sérieux.
Cette étude parvient à la conclusion qu’en présence d’une FA
l’implantation systématique de stents actifs ne se justifie pas
chez la plupart des patients dans la mesure où elle ne
s’accompagne d’aucun avantage clairement démontré. Les
patients à faible risque de resténose (absence de diabète, lésion
focale d’une artère de large calibre) ont notamment toutes les
chances d’évoluer favorablement sous stents nus.
Dr Robert Haïat
Fauchier L et coll. : Comparison of frequency of major adverse events in patients with atrial fibrillation receiving bare metal versus drug-eluting stents in their coronary arteries. Am J Cardiol 2012 ; 110 : 7–12.
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