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Qui souffre d’un syndrome de Raynaud (hors pathologie auto-immune) ?

Publié le 02/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le syndrome de Raynaud est caractérisé par un vasopasme périphérique épisodique des extrémités, souvent induit par l’exposition au froid. Au-delà des causes auto-immunes, ou médicamenteuses, la plupart des Raynaud sont idiopathiques. Dans ce cas, plusieurs facteurs de risques sont classiquement reconnus : tabagisme, alcoolisme, exposition au froid, vibrations, toxiques, manutention.

La prévalence du syndrome de Raynaud est diversement appréciée suivant la population étudiée (entre 0,5 et 20 %), influencée par la météo locale par exemple.

Cette étude s’est attachée à étudier la prévalence et les facteurs de risques du syndrome de Raynaud en France chez les travailleurs.

Les auteurs ont utilisé une cohorte surveillant l’apparition de pathologie du membre supérieur dans le pays de Loire, soit environ 5 % des travailleurs français. Les températures de cette région sont de 6-8°C en hiver et 18-20°C en été.

Cette étude transversale a porté sur 3 710 travailleurs (2 161 hommes et 1 549 femmes) tirés au sort parmi les 184 600 travailleurs de la cohorte.

Les sujets étaient âgés de 38,7 +/- 10,3 ans, 78 % appartenaient au secteur privé, 20 % au secteur publique. Soixante pour cent des hommes et 45 % des femmes exerçaient un travail manuel.

Tous les sujets étaient évalués par un questionnaire Européen validé pour les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur (Nordic Musculoskeletal Questionnaire) et le syndrome de Raynaud était recherché par un questionnaire et un interrogatoire (au moins une attaque de doigts blancs au froid au cours des 12 derniers mois correspondant à la définition du consensus européen). Notons que la cyanose seule n’était pas acceptée.

Un auto questionnaire permettaient d’évaluer le travail et les occupations des sujets.

Quatre-vingt sept syndromes de Raynaud ont été identifiés chez 56 femmes et 31 hommes, soit une prévalence annuelle de 3,6 % (intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 2,7 à 4,5 %) pour les femmes, et de 1,4 % (IC95 de 0,9 à 1,9) pour les hommes. Le syndrome de Raynaud était plus fréquent après 35 ans (OR [odds ratio] = 2,0), en cas d’exposition au froid (< 15°C plus de 4 heures par jour) (OR = 2,2 ; IC95 de 1,0 à 4,6), aux mouvements répétitifs (OR = 1,7 ; IC95 de 1,0 à 2,7), aux stress psychologiques au travail (OR = 1,7 ; IC95 de 1,0 à 2,7), à un manque de soutien par les supérieurs hiérarchiques au travail (OR = 2,4 ; IC95 de 1,5 à 3,8).

Par contre, le risque de syndrome de Raynaud diminuait avec l’Index de Masse Corporelle (OR = 0,87 par 1 kg/m²).

Par ailleurs, il faut noter l’absence d’association entre syndrome de Raynaud et utilisation d’engin vibrant.

Au total, cette étude française confirme une prédominance féminine du syndrome de Raynaud, même en l’absence de pathologie auto-immune, le rôle du froid, et du stress psychologique au travail.

L’obésité, par contre, prévient le syndrome de Raynaud, peut-être par la protection vis-à-vis du froid et des micro traumatismes exercée par la couche adipeuse.



Dr Laurent Laloux


Roquelaure Y et coll. : Risk factors for Raynaud’s phenomenon in the workforce. Arthritis care & research. 2012 ; 64 : 898-904.


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