Le syndrome des anti-phospholipides, caractérisé par un risque
accru de thromboses viscérales, s’accompagne, par ailleurs, de
manifestations cutanées parfois révélatrices.
Cette mise au point nous rappelle les principaux signes
dermatologiques de ce syndrome :
• Le livedo est le signe majeur du syndrome des
anti-phospholipides. Il s’agit souvent d’un livedo étendu et
ramifié mais dont les mailles ne sont pas fermées. Ce livedo est en
général non infiltré à l’inverse du livedo des vascularites
inflammatoires (PAN en particulier). La biopsie n’est pas toujours
contributive car le livedo clinique n’est pas sous-tendu par une
atteinte continue des vaisseaux sous jacents (thromboses).
• Des ulcérations cutanées multiples sont également
symptomatiques de ce syndrome. Il peut s’agir d’ulcérations
ressemblant à l’atrophie blanche que l’on observe également dans
l’insuffisance veineuse et également d’ulcérations à
l’emporte-pièce assez proches du pyoderma gangrenosum.
• Les gangrènes digitales sont finalement peut fréquentes
au cours du syndrome des anti-phospholipides mais parfois
révélatrices.
• D’autres manifestations peuvent s’observer dans ce cadre,
comme des nécroses cutanées extensives, ou des lésions cutanées
évoquant une vascularite, et correspondant en fait à des thromboses
intra-vasculaires. Des signes plus fins mais très évocateurs ont
été plus récemment décrits comme les hémorragie en flammèches sous
unguéales.
On voit donc que de nombreux signes cutanés peuvent concourir à
l’identification d’un syndrome des anti-phospholipides dont la
surveillance et le traitement seront discutés compte tenu du risque
potentiel de thromboses viscérales associées à ce syndrome.
Dr Patrice Plantin
Frances C et coll. : Manifestations dermatologiques du syndrome des anti-phospholipides. Rev Med Interne 2012 ; 33 : 200-5.
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