L’occlusion intestinale aiguë (OIA) du grêle de cause mécanique
constitue une fréquente urgence chirurgicale qu’explique la
présence de brides ou d’adhérences liées à une intervention
abdominale. Très souvent, les épisodes itératifs d’OIA émaillent
des années durant les suites de l’intervention initiale, sources
d’inconfort, de coûts, voire de procédures.
Il importe d’en reconnaître les causes et de pallier celles qui
sont accessibles (amélioration de la technique, barrières
anti-adhérences). L’un des principaux progrès dans la prévention
des OIA semble avoir été la diffusion de la chirurgie cœlioscopique
(CC) et les auteurs suédois ont entrepris de le démontrer. Pour ce
faire, ils ont consulté le registre national des interventions les
plus courantes pratiquées entre 2002 et 2004, et, pour éviter un
biais lié aux inflammations, ont séparé par exemple les
cholécystites aiguës, des cholécystites chroniques, les
appendicites phlegmoneuses, des autres, etc. Tous les malades ont
été inclus, sauf ceux ayant des antécédents d’OIA. Le suivi a été
de 5 ans. Les OIA immédiatement postopératoires n’ont pas été
prises en compte.
Sur les 108 141 interventions recensées (34 659
cholécystectomies, 28 408 appendicectomies, 14 486 résections
intestinales, 14 392 hystérectomies), les taux d’OIA allaient de
0,4 % (18 803 appendicites phlegmoneuses) à 13,9 % (résections
intestinales). L’âge, le sexe, les pathologies associées, les
antécédents chirurgicaux surtout jouent un rôle dans la survenue
des OIA, qui ont augmenté la mortalité dans les 5 ans
postopératoires (55 % des annexectomies suivies d’OIA sont décédées
dans les 5 ans !)
Si l’on compare CC et chirurgie ouverte (CO), on s’aperçoit que
cette dernière est plus souvent proposée aux sujets âgés,
masculins, balafrés de l’abdomen. La réhospitalisation pour OIA a
été plus fréquente pour tous les types d’interventions (à
l’exception de la chirurgie bariatrique) après CO qu’après CC.
Après ajustement en fonction de l’âge, des pathologies associées,
etc., il apparaît que le risque d’OIA est multiplié par 3 pour les
cholécystectomies à froid, par 4 pour les cholécystites
aiguës, par 5 pour les appendicites phlegmoneuses et les
résections intestinales, et même par 8 pour les annexectomies.
Seul facteur sur lequel on puisse agir (à l’opposé de l’âge et
des antécédents), la voie d’abord cœlioscopique semble donc un
élément majeur de prévention des adhérences à l’origine des
occlusions postopératoires.
Dr Jean-Fred Warlin
Angenete E et coll. : Effect of laparoscopy on the risk of small-bowel obstruction. A population-based register study. Arch Surg 2012 ; 147 (4) : 359-365.
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