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La cœlioscopie raréfie l’incidence des occlusions du grêle

Publié le 03/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’occlusion intestinale aiguë (OIA) du grêle de cause mécanique constitue une fréquente urgence chirurgicale qu’explique la présence de brides ou d’adhérences liées à une intervention abdominale. Très souvent, les épisodes itératifs d’OIA émaillent des années durant les suites de l’intervention initiale, sources d’inconfort, de coûts, voire de procédures.

Il importe d’en reconnaître les causes et de pallier celles qui sont accessibles (amélioration de la technique, barrières anti-adhérences). L’un des principaux progrès dans la prévention des OIA semble avoir été la diffusion de la chirurgie cœlioscopique (CC) et les auteurs suédois ont entrepris de le démontrer. Pour ce faire, ils ont consulté le registre national des interventions les plus courantes pratiquées entre 2002 et 2004, et, pour éviter un biais lié aux inflammations, ont séparé par exemple les cholécystites aiguës, des cholécystites chroniques, les appendicites phlegmoneuses, des autres, etc. Tous les malades ont été inclus, sauf ceux ayant des antécédents d’OIA. Le suivi a été de 5 ans. Les OIA immédiatement postopératoires n’ont pas été prises en compte.

Sur les 108 141 interventions recensées (34 659 cholécystectomies, 28 408 appendicectomies, 14 486 résections intestinales, 14 392 hystérectomies), les taux d’OIA allaient de 0,4 % (18 803 appendicites phlegmoneuses) à 13,9 % (résections intestinales). L’âge, le sexe, les pathologies associées, les antécédents chirurgicaux surtout jouent un rôle dans la survenue des OIA, qui ont augmenté la mortalité dans les 5 ans postopératoires (55 % des annexectomies suivies d’OIA sont décédées dans les 5 ans !)

Si l’on compare CC et chirurgie ouverte (CO), on s’aperçoit que cette dernière est plus souvent proposée aux sujets âgés, masculins, balafrés de l’abdomen. La réhospitalisation pour OIA a été plus fréquente pour tous les types d’interventions (à l’exception de la chirurgie bariatrique) après CO qu’après CC. Après ajustement en fonction de l’âge, des pathologies associées, etc., il apparaît que le risque d’OIA est multiplié par 3 pour les cholécystectomies à froid, par 4 pour les cholécystites aiguës,  par 5 pour les appendicites phlegmoneuses et les résections intestinales, et même par 8 pour les annexectomies.

Seul facteur sur lequel on puisse agir (à l’opposé de l’âge et des antécédents), la voie d’abord cœlioscopique semble donc un élément majeur de prévention des adhérences à l’origine des occlusions postopératoires.



Dr Jean-Fred Warlin


Angenete E et coll. : Effect of laparoscopy on the risk of small-bowel obstruction. A population-based register study. Arch Surg 2012 ; 147 (4) : 359-365.




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