Le tai-chi (TC) est de plus en plus utilisé en prévention des
chutes, jusqu’à être pris en charge par des fonds publics
néo-zélandais. Quel effet attendre de ce sport ?
Au total, 672 Néo-Zélandais de 65 ans et plus et 12 Maoris de 55
ans et plus ont été inclus dans cette étude en 2006-2007 après une
campagne de presse. Pour être retenu, il fallait avoir chuté au
moins une fois dans les 12 derniers mois ou être à risque de chute
(échelle FRAT) et être autorisé par son médecin traitant à
pratiquer un exercice physique d’intensité faible à modérée. Les
critères d’exclusion comprenaient l’absence de marche autonome, les
troubles cognitifs sévères, la pratique du TC durant l’année
précédente ou une participation à un programme d’entraînement
physique au moment de l’inclusion. La mobilité (Timed Up and Go),
l’équilibre dynamique (analyse du pas) et la force des membres
inférieurs (relever de chaise) ont été évalués à l’inclusion et au
11e et 17e mois de suivi. Les sujets ont été répartis au hasard en
3 groupes : TC1 (1 heure par semaine, 20 semaines), TC2 (2 fois par
semaine) et activité physique adaptée APA (étirement et
entraînement cardio-vasculaire de faible intensité sans exercice
pour l’équilibre). La moyenne d’âge était de 74 ± 6 ans, les femmes
majoritaires (73 %). Cinquante-neuf pour cent des sujets avaient
chuté dans les 12 mois précédant l’inclusion.
Sur les 17 mois d’étude, 1 060 chutes ont été rapportées pour
une population correspondant à 793 personnes-années. Ces taux ont
diminué de 58 % en moyenne dans les 3 groupes. Les tests de force
et d’équilibre se sont améliorés avec le temps quel que soit le
groupe alors que celui de mobilité ne s’est pas modifié. Les
difficultés rapportées ont consisté essentiellement en un
accroissement des douleurs.
Au bilan des 11 mois, 60 % des 535 sujets interrogés
poursuivaient un exercice physique au moins hebdomadaire. A 17
mois, le pourcentage avait décru à 50 %. Le TC était alors la forme
d’activité la plus pratiquée (26 %).
Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative sur
la prévention des chutes entre TC et APA. Aucun effet-dose du TC
n’a été mis en évidence, mais la quantité d’heures n’a peut-être
pas été suffisante pour différencier TC1 de TC2. Les limites de
l’étude sont le recours à des coachs multiples (mais formés à
l’identique), un groupe contrôle actif, la volonté de satisfaire
les enquêteurs (financement en jeu), un nombre d’informations
manquantes supérieur dans le groupe APA. Le maintien de l’effet
pendant les 12 mois de suivi pourrait s’expliquer par la poursuite
spontanée de programmes d’exercice, favorisant en outre les
relations sociales. Le contenu des programmes de prévention de
chutes pourrait être moins important que le fait d’avoir une
activité physique régulière…
Dr Anne Bourdieu
Taylor D et coll. : Effectiveness of Tai Chi as a community-based falls prevention intervention: a randomized controlled trial. J Am Geriatr Soc 2012 ; 60 : 841-848.
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