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Tai-chi : plus qu’une mode ?

Publié le 04/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le tai-chi (TC) est de plus en plus utilisé en prévention des chutes, jusqu’à être pris en charge par des fonds publics néo-zélandais. Quel effet attendre de ce sport ?

Au total, 672 Néo-Zélandais de 65 ans et plus et 12 Maoris de 55 ans et plus ont été inclus dans cette étude en 2006-2007 après une campagne de presse. Pour être retenu, il fallait avoir chuté au moins une fois dans les 12 derniers mois ou être à risque de chute (échelle FRAT) et être autorisé par son médecin traitant à pratiquer un exercice physique d’intensité faible à modérée. Les critères d’exclusion comprenaient l’absence de marche autonome, les troubles cognitifs sévères, la pratique du TC durant l’année précédente ou une participation à un programme d’entraînement physique au moment de l’inclusion. La mobilité (Timed Up and Go), l’équilibre dynamique (analyse du pas) et la force des membres inférieurs (relever de chaise) ont été évalués à l’inclusion et au 11e et 17e mois de suivi. Les sujets ont été répartis au hasard en 3 groupes : TC1 (1 heure par semaine, 20 semaines), TC2 (2 fois par semaine) et activité physique adaptée APA (étirement et entraînement cardio-vasculaire de faible intensité sans exercice pour l’équilibre). La moyenne d’âge était de 74 ± 6 ans, les femmes majoritaires (73 %). Cinquante-neuf pour cent des sujets avaient chuté dans les 12 mois précédant l’inclusion.

Sur les 17 mois d’étude, 1 060 chutes ont été rapportées pour une population correspondant à 793 personnes-années. Ces taux ont diminué de 58 % en moyenne dans les 3 groupes. Les tests de force et d’équilibre se sont améliorés avec le temps quel que soit le groupe alors que celui de mobilité ne s’est pas modifié. Les difficultés rapportées ont consisté essentiellement en un accroissement des douleurs.

Au bilan des 11 mois, 60 % des 535 sujets interrogés poursuivaient un exercice physique au moins hebdomadaire. A 17 mois, le pourcentage avait décru à 50 %. Le TC était alors la forme d’activité la plus pratiquée (26 %).

Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative sur la prévention des chutes entre TC et APA. Aucun effet-dose du TC n’a été mis en évidence, mais la quantité d’heures n’a peut-être pas été suffisante pour différencier TC1 de TC2. Les limites de l’étude sont le recours à des coachs multiples (mais formés à l’identique), un groupe contrôle actif, la volonté de satisfaire les enquêteurs (financement en jeu), un nombre d’informations manquantes supérieur dans le groupe APA. Le maintien de l’effet pendant les 12 mois de suivi pourrait s’expliquer par la poursuite spontanée de programmes d’exercice, favorisant en outre les relations sociales. Le contenu des programmes de prévention de chutes pourrait être moins important que le fait d’avoir une activité physique régulière…



Dr Anne Bourdieu


Taylor D et coll. : Effectiveness of Tai Chi as a community-based falls prevention intervention: a randomized controlled trial. J Am Geriatr Soc 2012 ; 60 : 841-848.


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