L’induction de l’ovulation par le citrate de clomifène est la
première ligne de traitement des femmes désireuses de grossesse et
présentant un syndrome d’ovaires polykystiques avec des troubles
d’ovulation (absence ou oligo-ovulation). Concernant les femmes
présentant un SOPK, la société américaine de la médecine de
reproduction recommande la prescription de progestatifs pour
induire des menstruations avant le traitement par clomifène.
Cependant, il existe des controverses sur ce sujet et certains
suggèrent que ces pratiques pourraient avoir des effets néfastes
sur la fertilité.
Une deuxième analyse des données des 626 femmes présentant un
SOPK et incluses dans une étude sur la fertilité (1) a évalué
l’impact de la desquamation endométriale induite par les
progestatifs, avant l’induction d’ovulation par le citrate de
clomifène, la metformine ou la combinaison des deux, sur
l’ovulation, la conception et le taux de naissance vivante.
Les femmes ont été randomisées jusqu’à six cycles de citrate de
clomifène seul, de metformine seul ou de clomifène + metformine.
Les femmes ont été évaluées sur l’occurrence de l’ovulation, de la
conception et de la naissance vivante, en relation avec les
épisodes de décollement endométrial (soit après ovulation, soit
après induction par progestatifs).
Les taux d’ovulation étaient plus élevés pour les cycles ayant
été précédés par des menstruations spontanées qu’après les cycles
anovulatoires (avec ou sans induction des menstruations par
progestatifs) (p < 0,001). Aucune différence significative des
taux d’ovulation n’a été observée entre les cycles anovulatoires
avec ou sans induction progestative des menstruations.
En revanche, les taux de conception et de naissance vivante
étaient significativement plus élevés après des cycles
anovulatoires sans induction des menstruations par progestatifs.
Parmi 2 809 cycles (tous groupes confondus), 131 femmes ont eu une
conception, dont 29,8 % après des menstruations spontanées, 8,4 %
après des cycles anovulatoires avec induction progestative des
menstruations, et 61,8 % après des cycles anovulatoires sans
induction progestative des menstruations (p < 0,001).
Le taux de naissance vivante était significativement plus élevé
après les cycles anovulatoires sans induction des menstruations par
progestatif (naissances vivantes par cycle : règles spontanés [2,2
%] ; cycles anovulatoire avec induction progestative des
menstruations [1,6 %] ; cycles anovulatoires sans induction
progestative des menstruations [5,3 %] ; p < 0,001). Les
différences étaient plus importantes quand les taux étaient
calculés par ovulation (naissances vivantes par ovulation : règles
spontanés [3 %] ; cycles anovulatoire avec induction progestative
des menstruations [5,4 %] ; cycles anovulatoires sans induction
progestative des menstruations [19,7 %] ; p < 0,001).
En conclusion, les résultats de cette étude suggèrent que les
taux de naissance vivante sont plus faibles chez les femmes
présentant un SOPK après des menstruations spontanées ou induites
par traitement progestatif, relativement aux cycles anovulatoires
sans traitement progestatif. Dans la pratique clinique, la
prescription habituelle des progestatifs pour l’induction des
menstruations avant la stimulation ovarienne pourrait avoir des
effets néfastes sur les taux de conception et de naissance vivante
chez les femmes anovulatoires présentant un SOPK.
Dr Viola Polena
Diamond MP et coll. : Endometrial shedding effect on conception and live birth in women with polycystic ovary syndrome. Obstet Gynecol. 2012 May ; 119 (5) : 902-8.
(1) National Institutes of Health/Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development Cooperative Reproductive Medicine Network Pregnancy in Polycystic Ovary Syndrome I study.
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |