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SOPK : meilleurs taux de naissance vivante après les cycles anovulatoires sans menstruations

Publié le 04/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’induction de l’ovulation par le citrate de clomifène est la première ligne de traitement des femmes désireuses de grossesse et présentant un syndrome d’ovaires polykystiques avec des troubles d’ovulation (absence ou oligo-ovulation). Concernant les femmes présentant un SOPK, la société américaine de la médecine de reproduction recommande la prescription de progestatifs pour induire des menstruations avant le traitement par clomifène. Cependant, il existe des controverses sur ce sujet et certains suggèrent que ces pratiques pourraient avoir des effets néfastes sur la fertilité.

Une deuxième analyse des données des 626 femmes présentant un SOPK et incluses dans une étude sur la fertilité (1) a évalué l’impact de la desquamation endométriale induite par les progestatifs, avant l’induction d’ovulation par le citrate de clomifène, la metformine ou la combinaison des deux, sur l’ovulation, la conception et le taux de naissance vivante.

Les femmes ont été randomisées jusqu’à six cycles de citrate de clomifène seul, de metformine seul ou de clomifène + metformine. Les femmes ont été évaluées sur l’occurrence de l’ovulation, de la conception et de la naissance vivante, en relation avec les épisodes de décollement endométrial (soit après ovulation, soit après induction par progestatifs).

Les taux d’ovulation étaient plus élevés pour les cycles ayant été précédés par des menstruations spontanées qu’après les cycles anovulatoires (avec ou sans induction des menstruations par progestatifs) (p < 0,001). Aucune différence significative des taux d’ovulation n’a été observée entre les cycles anovulatoires avec ou sans induction  progestative des menstruations.

En revanche, les taux de conception et de naissance vivante étaient significativement plus élevés après des cycles anovulatoires sans induction des menstruations par progestatifs. Parmi 2 809 cycles (tous groupes confondus), 131 femmes ont eu une conception, dont 29,8 % après des menstruations spontanées, 8,4 % après des cycles anovulatoires avec induction progestative des menstruations, et 61,8 % après des cycles anovulatoires sans induction progestative des menstruations (p < 0,001).

Le taux de naissance vivante était significativement plus élevé après les cycles anovulatoires sans induction des menstruations par progestatif (naissances vivantes par cycle : règles spontanés [2,2 %] ; cycles anovulatoire avec induction progestative des menstruations [1,6 %] ; cycles anovulatoires sans induction progestative des menstruations [5,3 %] ; p < 0,001). Les différences étaient plus importantes quand les taux étaient calculés par ovulation (naissances vivantes par ovulation : règles spontanés [3 %] ; cycles anovulatoire avec induction progestative des menstruations [5,4 %] ; cycles anovulatoires sans induction progestative des menstruations [19,7 %] ; p < 0,001).

En conclusion, les résultats de cette étude suggèrent que les taux de naissance vivante sont plus faibles chez les femmes présentant un SOPK après des menstruations spontanées ou induites par traitement progestatif, relativement aux cycles anovulatoires sans traitement progestatif. Dans la pratique clinique, la prescription habituelle des progestatifs pour l’induction des menstruations avant la stimulation ovarienne pourrait avoir des effets néfastes sur les taux de conception et de naissance vivante chez les femmes anovulatoires présentant un SOPK.



Dr Viola Polena


Diamond MP et coll. : Endometrial shedding effect on conception and live birth in women with polycystic ovary syndrome. Obstet Gynecol. 2012 May ; 119 (5) : 902-8.
(1) National Institutes of Health/Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development Cooperative Reproductive Medicine Network Pregnancy in Polycystic Ovary Syndrome I study.




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