La non-palpation d’un testicule dans sa bourse
(cryptorchidie) peut être le fait d’une agénésie, d’une atrophie,
d’une ectopie de la gonade, ou d’un testicule oscillant. Son
étiologie est discutée ; thrombose ou torsion anténatales, ou
maladie endocrinienne. La cryptorchidie (CTO) ne semble pas pouvoir
se réduire à une « malposition » de la glande. Les auteurs nippons
ont formulé l’hypothèse que la situation de la glande influait sur
son développement et ils ont étudié des gènes dont l’expression
variait selon que le testicule était en place ou non, par l’analyse
anatomo-pathologique et moléculaire de bourgeons testiculaires
excisés chirurgicalement.
Leur travail repose sur 102 cas de garçons entre 9 mois et 13
ans, traités au cours des 27 dernières années, ayant une CTO (dans
73 % des cas, à gauche). Les enfants ont eu, ou bien une
exploration inguinale ouverte, ou bien, et notamment depuis 2006,
une exploration cœlioscopique recherchant dans l’abdomen et le
cordon soit une glande normale, impliquant une orchidopexie
immédiate, soit un bourgeon, entraînant son excision. Ont été
trouvés 11 gonades fixables et 91 ébauches glandulaires,
immédiatement formolées, paraffinées et colorées. Pour prouver la
présence de cellules de Sertoli, les auteurs ont eu recours à
l’expression de l’acide ribonucléique messager (ARNm) des tumeurs
de Wilms (TW) en utilisant la transcription inverse de la réaction
en chaîne par polymérase (RT-PCR), méthode de biologie moléculaire
d’amplification génique in vitro, comparés à des cas témoins
(testicules descendus).
Les 91 bourgeons excisés étaient en position inguinale 51 fois,
scrotale 39 fois et abdominale une fois. Sur les 11 testicules
abaissables, 9 étaient inguinaux et 2 scrotaux.
Histologiquement, les bourgeons se caractérisaient par la présence
de tubes séminifères ébauchés ou absents (88 %), de calcifications
et de dépôts d’hémosidérine.
Malgré l’absence de signe de malignité sur aucun des bourgeons,
l’expression, en immunohistochimie de l’ARNm de la TW, marqueur des
cellules de Sertoli des tubes séminifères, a été retrouvée, non
dans ces seules cellules, comme dans les testicules normaux, mais
dans le tissu interstitiel des bourgeons pourvus de tubes
séminifères, et aussi, quoiqu’en moindre quantité, chez ceux qui en
sont dépourvus.
Cette constatation suggère que les troubles observés dans le
développement testiculaire après la différenciation des cellules de
Sertoli ont peut-être un rôle étiologique dans la non-descente des
gonades.
Dr Jean-Fred Warlin
Mizuno K et coll. : Feasible etiology of vanishing testis regarding disturbance of testicular development: histopathological and immunohistochemical evaluation of testicular nubbins. International Journal of Urology 2012 ; 19 : 450-456.
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