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Hypothèse sur une possible étiologie de la cryptorchidie

Publié le 04/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La non-palpation d’un testicule dans sa bourse  (cryptorchidie) peut être le fait d’une agénésie, d’une atrophie, d’une ectopie de la gonade, ou d’un testicule oscillant. Son étiologie est discutée ; thrombose ou torsion anténatales, ou maladie endocrinienne. La cryptorchidie (CTO) ne semble pas pouvoir se réduire à une « malposition » de la glande. Les auteurs nippons ont formulé l’hypothèse que la situation de la glande influait sur son développement et ils ont étudié des gènes dont l’expression variait selon que le testicule était en place ou non, par l’analyse anatomo-pathologique et moléculaire de bourgeons testiculaires excisés chirurgicalement.

Leur travail repose sur 102 cas de garçons entre 9 mois et 13 ans, traités au cours des 27 dernières années, ayant une CTO (dans 73 % des cas, à gauche). Les enfants ont eu, ou bien une exploration inguinale ouverte, ou bien, et notamment depuis 2006, une exploration cœlioscopique recherchant dans l’abdomen et le cordon soit une glande normale, impliquant une orchidopexie immédiate, soit un bourgeon, entraînant son excision. Ont été trouvés 11 gonades fixables et 91 ébauches glandulaires, immédiatement formolées, paraffinées et colorées. Pour prouver la présence de cellules de Sertoli, les auteurs ont eu recours à l’expression de l’acide ribonucléique messager (ARNm) des tumeurs de Wilms (TW) en utilisant la transcription inverse de la réaction en chaîne par polymérase (RT-PCR), méthode de biologie moléculaire d’amplification génique in vitro, comparés à des cas témoins (testicules descendus).

Les 91 bourgeons excisés étaient en position inguinale 51 fois, scrotale 39 fois et abdominale une fois. Sur les 11 testicules abaissables, 9 étaient  inguinaux et 2 scrotaux. Histologiquement, les bourgeons se caractérisaient par la présence de tubes séminifères ébauchés ou absents (88 %), de calcifications et de dépôts d’hémosidérine.

Malgré l’absence de signe de malignité sur aucun des bourgeons, l’expression, en immunohistochimie de l’ARNm de la TW, marqueur des cellules de Sertoli des tubes séminifères, a été retrouvée, non dans ces seules cellules, comme dans les testicules normaux, mais dans le tissu interstitiel des bourgeons pourvus de tubes séminifères, et aussi, quoiqu’en moindre quantité, chez ceux qui en sont dépourvus.

Cette constatation suggère que les troubles observés dans le développement testiculaire après la différenciation des cellules de Sertoli ont peut-être un rôle étiologique dans la non-descente des gonades.



Dr Jean-Fred Warlin


Mizuno K et coll. : Feasible etiology of vanishing testis regarding disturbance of testicular development: histopathological and immunohistochemical evaluation of testicular nubbins. International Journal of Urology 2012 ; 19 : 450-456.


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