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Endocardite aiguë : il faut opérer rapidement les mutilations valvulaires associées à de volumineuses végétations

Publié le 04/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’endocardite infectieuse (EI) demeure, malgré les progrès de la thérapeutique, une affection grave entachée d’une lourde morbi-mortalité. Si une intervention chirurgicale précoce s’impose en présence d’une mutilation valvulaire responsable d’une insuffisance cardiaque, l’indication opératoire est beaucoup plus discutée quand l’atteinte valvulaire s’associe à de volumineuses végétations.

Dans ce cas, doit-on intervenir pour prévenir le risque embolique alors même qu’on se trouve dans une période où l’inflammation et l’infection sont encore actives ?

L’étude monocentrique, randomisée  EASE  (Early Surgery versus Conventional Treatment in Infective Endocarditis) a comparé, dans une telle situation, les résultats d’une intervention chirurgicale préventive précoce au traitement conventionnel, à savoir intervention plus tardive, décidée devant l’apparition de complications.

L’étude a été menée sur un petit nombre de patients (n = 76, inclus entre septembre 2006 et mars 2011) qui présentaient une EI dûment authentifiée (streptocoques viridans [30 % des patients], autres streptocoques [30 %], staphylocoques aureus [11 %]) et  une altération valvulaire sévère, aortique ou mitrale, avec végétations d’au moins 10 mm. Tous les patients étaient sous antibiotiques.

Les patients ont été assignés par randomisation au groupe « intervention valvulaire rapide » (n = 37 ; les patients étaient alors opérés dans les 24 heures [7 à 45] suivant la  randomisation) ou au groupe « traitement conventionnel » (n = 39 dont 30 [77 %] seront finalement opérés [27 pendant l’hospitalisation initiale et 3 au cours du suivi]).

Le critère composite principal de l’étude (décès hospitalier ou événement embolique survenu dans les 6 semaines suivant la randomisation) a été noté chez 1 patient (3 %) du groupe chirurgie précoce vs 9 patients (23 %) du groupe traitement conventionnel (hazard ratio [HR] = 0,10 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,01 à 0,82 ; p = 0,03).

Aucun patient des 2 groupes n’est décédé dans les 30 jours qui ont suivi l’intervention chirurgicale.

A 6e semaine, le taux d’embolie était de 0 % dans le groupe chirurgie précoce vs 21 % (p = 0,005) dans le groupe  traitement conventionnel.

Avec un suivi de 6 mois, il n’a été noté aucune différence entre les 2 groupes quant à la  mortalité totale  (3 % après chirurgie précoce vs  5 % ; HR = 0,51 ; IC95 de 0,05 à 5,66 ; p = 0,59). En revanche, l’incidence d’un critère composite associant décès de toute cause, embolie et récidive de l’endocardite était de 3 % après chirurgie précoce vs 28 % dans l’autre groupe (HR = 0,08 ; IC95 de 0,01 à 0,65 ; p = 0,02).

En conclusion, en présence d’une EI compliquée d’une mutilation valvulaire sévère associée à de volumineuses végétations (≥ 10 mm), une intervention chirurgicale précoce améliore significativement le pronostic à court et moyen terme en réduisant significativement le risque de décès et d’embolies systémiques.



Dr Robert Haïat


Kang D-Het coll. : Early Surgery versus Conventional Treatment for Infective Endocarditis. N Engl J Med 2012 ; 366 : 2466-73.




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