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Un instant de réflexion pour qui a oublié le tétanos !

Publié le 05/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le BEH vient de publier les chiffres français du tétanos et ils sont plutôt rassurants puisque entre 2008 et 2011 « seulement » 36 cas de formes généralisées ont été déclarés (1). S’en sont succédés 11 décès, soit une létalité de 31 % et des incidences annuelles relatives de 0,05, 0,14, 0,23 et 0,14 par million d’habitants respectivement en 2008, 2009, 2010 et 2011. Les personnes âgées étaient principalement concernées (86 % des cas avaient 70 ans et plus), et les femmes étaient largement majoritaires (3 pour 1 homme). En ce qui concerne les portes d’entrée, il s’agissait principalement de blessures (66,7 % des cas) et de plaies chroniques (25 %) ; dans presque 10 % des cas, aucune voie n’était identifiée. Plus de 8 fois sur 10, l’infection survenait entre avril et octobre. En France métropolitaine, 19 départements ont signalé 1 cas, 6 en ont notifié 2 (Alpes Maritimes, Ardèche, Charente, Creuse, Ile et Vilaine et Meuse) ou 3 (Drome). Dans les DOM, aucun cas en Guyane, Guadeloupe et

La Réunion, un à Mayotte et La Martinique. Tous les cas avaient été non ou mal vaccinés.

Une situation qui indique une infection globalement sous contrôle, mais est-ce le cas partout ? Une publication indienne, ce même mois de juin 2012, fait froid dans le dos (2). Là bas, on n’hésite pas à parler de fléau (« scourge ») et on en apporte la preuve grâce à une étude rétrospective menée par les pédiatres d’un centre universitaire de New Delhi. Entre janvier 2009 et décembre 2010, 140 enfants ont été admis avec un diagnostic de tétanos, dont 45 cas néonataux et 77 plus tardifs ont été étudiés. Les délivrances à domicile comptaient pour 86,7 % des cas, effectuées 8 fois sur 10 par des aidants non entraînés. Plus de 90 % des mères n’étaient pas immunisées. Hors cas néonataux, les infections étaient principalement de nature otogénique (58,4 %) et post-traumatiques (23,3 %), d’où on pourrait déduire qu’outre les mesures de vaccination et d’hygiène habituellement préconisées en la matière, le traitement rapide des otites suppuratives éviterait un nombre considérable de catastrophes…

Comme le concluent les auteurs français du BEH, tous ces cas et décès auraient pu être évités par une meilleure application du calendrier de vaccination antitétanique et, en cas de plaie, par la vaccination et l’administration d’immunoglobulines spécifiques humaines selon le protocole recommandé. Une conclusion qui, évidemment, pourrait aussi s’appliquer largement à New Delhi. Les Indiens ont raison, le tétanos est un fléau. Ils auraient pu ajouter que nous ne sommes décidément pas tous égaux devant lui.



Dr Jack Breuil


(1)Antona D et coll. : Le tétanos en France entre 2008 et 2011. BEH 2012 ; 26 : 303-306.
(2)Mishra K et coll. : Tetanus –still a scourge in the 21st century: a pediatric hospital-based study in India. Trop Doct. 2012. Publication avancée en ligne le 19 avril 2012.


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