Depuis la première angioplastie coronaire réalisée en 1977 par
Andreas Gruentzig à l’Hôpital cantonal de Zurich, de l’eau a coulé
sous les ponts, beaucoup d’eau… Outre les progrès techniques
et l’élargissement encadré des indications dans la maladie
coronaire, l’arrivée des stents a largement contribué à
révolutionner la cardiologie interventionnelle. L’angioplastie
coronaire primaire (ACP) est désormais pratiquée à grande échelle à
la phase aiguë de l’infarctus du myocarde (IDM). Une question se
pose encore face à la complexité des situations cliniques et à la
diversité des lésions autant que des pratiques : les stents à
élution dits actifs (SA) sont-ils réellement supérieurs aux stents
nus (SN) dans la prévention de la resténose ? Sont-ils mieux
tolérés ?
Ces questions sont nécessaires et suffisantes pour autoriser une
méta-analyse, compte tenu de l’importance des enjeux. Cette
dernière a porté sur 15 essais randomisés dans lesquels ont été
inclus au total 7 867 patients tous victimes d’un IDM avec
sus-décalage du segment ST. Une ACP a été systématiquement
pratiquée et complétée soit par un SN soit par un SA de première
génération, approuvé par la FDA. La méta-analyse a reposé sur un
modèle à effets aléatoires ; les principaux critères de jugement
dans les essais retenus étant la thrombose du stent et la nécessité
d’une nouvelle revascularisation du vaisseau « coupable ».
Le risque relatif (RR) d’une thrombose du stent (RR-TS) s’est
avéré identique dans les deux groupes SN et SA, soit 1,08. Ce
risque s’est toutefois avéré lié au temps ; le RR étant en effet
évalué à 0,80 (SA vs SN) dans l’année qui a suivi l’ACP, pour
atteindre 2,10 au cours des années ultérieures. Une interaction
positive a été mise en évidence entre le risque relatif d’une
thrombose du stent et le temps (p = 0,009). Les résultats ont été
similaires, que la thrombose du stent soit avérée ou probable (p =
0,015). La nécessité d’une revascularisation ultérieure du vaisseau
coupable s’est avérée moins fréquente dans le groupe SA que dans
l’autre groupe, le RR étant estimé à 0,51, encore que le bénéfice
ait été plus élevé au cours de l’année qui a suivi l’ACP (RR =
0,46) et un peu moins par la suite (RR = 0,75 ; p = 0,007 pour
l’interaction).
En bref, cette méta-analyse aboutit à des résultats mitigés sur
les stents à élution de première génération. En effet, le bénéfice
semble être surtout patent au cours de l’année qui suit l’ACP
réalisée à la phase aiguë de l’IDM. Par la suite, le RR d’une
thrombose du stent tardive tend à augmenter au point d’amenuiser le
rapport bénéfice/risque.
Dr Philippe Tellier
Kalesan B et coll. : Comparison of drug-eluting stents with bare metal stents in patients with ST-segment elevation myocardial infarction. Eur Heart J.2012 ; 33 : 977-87.
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SA contre SR : tenir compte de l'anti-agrégation
Le 05 juillet 2012
Ne pas oublier que pour la première année les SA sont accompagnés d'une anti-agrégation bien supérieure à ce qui est le cas dans le groupe SR : cela explique peut-être le moindre taux de sténose.
JP Boiteux
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