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Les protéines alimentaires baissent-elles la pression artérielle ?

Publié le 06/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L'influence de l'alimentation sur la pression artérielle (PA) est établie, mais le rôle de certains nutriments, en particulier des protéines, reste mal connu. La plupart des études épidémiologiques montre une relation inverse entre l'apport en protéines, d'origine végétale ou animale, et les chiffres tensionnels. Ces résultats tendent à recommander d'augmenter les apports en protéines chez les sujets hypertendus.

Toutefois, les essais cliniques aboutissent à des résultats discordants, ils n'ont jamais étudiés l'impact à long terme des protéines sur la PA. En outre, il y a peu de données chez les sujets âgés alors que ces derniers sont les plus concernés par l'hypertension artérielle (HTA), avec une prévalence d'au moins 50 % au delà de 70 ans.

Pour tenter d'éclairer les zones d'ombre sur l'effet des protéines sur la PA, JM. Hodgson et coll. ont inclus, dans un essai randomisé, 219 hommes et femmes âgés de 70 à 80 ans, sélectionnés sur des listes électorales et dont 70 % présentaient une hypertension artérielle (pression systolique > 140 mm Hg et/ou prise d'un traitement antihypertenseur). Il était demandé à ces sujets de consommer, en double aveugle, un produit laitier maigre supplémenté en protéines végétales (250 ml, 30 g de protéines, 13 g de glucides, 603 mg de calcium, 48 mg de sodium, 194 kcal ; n = 109 sujets) ou en glucides (250 ml, 42 g de maltodextrine, 2 g de protéines, 196 kcal, 600 mg de calcium, 33 mg de sodium ; n = 110 sujets). L'analyse de la PA (moyenne de trois mesures automatisées séparées d'une minute) montre une tendance à la baisse plus importante dans le "groupe protéines" par rapport au groupe témoin au bout d'un an (pression systolique :

- 2,3 mmHg, pression diastolique :
- 1,5 mmHg ; p = 0,14 et 0,15 respectivement).

Toutefois, cette différence entre les groupes n'est pas confirmée à deux ans, que ce soit dans l'analyse en intention de traiter (tenant compte de tous les volontaires inclus) ou per protocole (incluant les 181 sujets pour lesquels les données ont été recueillies en fin d'étude).

En résumé, cet essai ne confirme pas l'intérêt d'augmenter les apports en protéines végétales, aux dépens des glucides, pour réduire la PA à long terme des sujets hypertendus. Il est possible que l'absence d'effet significatif à deux ans s'explique par une réduction de l'observance des volontaires à consommer le produit prescrit. Il est donc difficile de conclure sur ce que peut être l'effet de l'augmentation des apports en protéines dans les conditions de la vie réelle où les aliments sont choisis en fonction du goût personnel. Néanmoins, cette étude a le mérite de freiner la diffusion du message de l'effet bénéfique des protéines pour réduire le risque cardiovasculaire.



Dr Boris Hansel


Hodgson JM et coll. : Long-term effects of a protein-enriched diet on blood pressure in older women. British Journal of Nutrition 2012 ; 107 : 1664-1672.


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Vos réactions

Ne pas jeter le bébé avec...

Le 09 juillet 2012

En fait, si au lieu de s’intéresser aux protéines végétales, l'étude avait été faite avec des protéines de lactosérum, plus particulièrement des beta-lactoglobulines, et spécialement les lactokinines, le rôle "anti-HTA" de ces protéines aurait été mis en évidence. Les peptides bio-actifs sont connus depuis longtemps par une action anti-aldostérone.
Les protéines de lactosérum, aux propriétés multiples, sont connues par les laboratoires de nutrition, par les sportifs mais n'ont pas pénétré le quotidien de la prescription...(Pins, 2006), (Saito, 2008), (Jauhianen, 2007)...etc

Christian Trape

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