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Quels liens entre facteurs climatiques et torsion du cordon spermatique ?

Publié le 06/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La torsion du cordon spermatique, souvent dite torsion testiculaire (TT), touche environ 1 homme sur 4 000 avant l’âge de 25 ans et cette incidence est augmentée par des antécédents de cryptorchidie. Un délai de plus de 6 h et surtout de plus de 24 h augmente le risque de perdre la glande, soit que l’ischémie contraigne à sa résection, soit que l’atrophie survienne alors qu’on a cru pouvoir la conserver.

Plusieurs auteurs ont attiré l’attention sur la recrudescence des TT pendant la saison des frimas, en corrélant le risque avec la température et le degré d’humidité, mais d’autres ont nié cette relation.

Pour en avoir le cœur net, ces auteurs taïwanais ont effectué une étude à l’échelle de Formose (23 millions d’habitants) et sur une période de 10 ans, en analysant tous les facteurs météorologiques (pression atmosphérique, pluviométrie, heures d’ensoleillement, température, hygrométrie, etc.), et en couplant les données du registre médical national et celles de 19 stations météorologiques régionales, en utilisant les moyennes mensuelles.

De 2000 à 2009, il y a eu dans l’île 1 782 hospitalisations pour TT. On a d’abord calculé l’incidence mensuelle pour 100 000 hommes pendant 120 mois (en séparant les adultes des enfants), et ensuite utilisé la corrélation des rangs de Spearman avec les variables climatiques quantitatives.

L’incidence mensuelle moyenne a été de 0,13 sur 100 000 (0,32 avant 18 ans et 0,06 après cet âge). Les valeurs moyennes mensuelles ont été de 23.6° C de température, de 74 % d’hygrométrie, de 1.002 de pression atmosphérique, de 166 mm de pluviométrie, et de 173 heures d’ensoleillement.

Le test de Spearman a montré une corrélation entre une chute de la température, d’une part, une élévation de la pression atmosphérique d’autre part, et l’incidence des TT. Les mois les moins pluvieux sont aussi ceux où l’incidence de la TT a été majorée.

Dans les 2 groupes d’âge étudiés, ce risque est maximal au mois de janvier (0,17 sur 100 000) et minimal en juin (0,09 sur 100000).

Après ajustement en fonction des autres paramètres, seule la chute des températures ambiantes reste vigoureusement corrélée avec l’augmentation de l’incidence des torsions du cordon spermatique.



Dr Jean-Fred Warlin


Chiu B et coll. : Seasonality of testicular torsion: a 10-year nationwide population based study. J.Urol. 2012 ; 187 : 1781-1785.



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