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Quelle stratégie pour le dépistage des anévrismes de l’aorte abdominale ?

Publié le 09/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

De précédents travaux ont montré que le dépistage des anévrismes de l’aorte abdominale chez les hommes de plus de 65 ans pouvait réduire d’environ 50 % la mortalité liée à cette pathologie. Plusieurs pays européens étudient la mise en place de stratégies de dépistage par simple échographie abdominale. L’Angleterre, où ce dépistage a commencé en 2009, compte sur une couverture de tout le territoire d’ici mars 2013. Les écossais quant à eux pourront commencer à en bénéficier à l’automne prochain.

Le protocole de ce dépistage reste toutefois incertain, notamment quand une surveillance s’impose, le rapport coût/efficacité de la répétition des examens n’étant alors pas établi.  La question se pose particulièrement pour les patients dont le diamètre de l’aorte abdominale se situe entre 25 et 30 mm, au dessus du seuil de « normalité », mais qui ne justifient pas une prise en charge chirurgicale.

Une équipe danoise a réalisé une modélisation, pour évaluer le rapport coût/efficacité de 4 stratégies de dépistage : un dépistage unique à partir de 65 ans, deux dépistages à 5 ans d’intervalle, un dépistage tous les 5 ans à partir de 65 ans et enfin pas de dépistage. Il apparaît que toutes les formes de dépistage ont un rapport coût/efficacité supérieur à l’absence de dépistage. Le contrôle après 5 ans des aortes de diamètre compris entre 25 et 29 mm bénéficie à 452 hommes sur 100 000 initialement dépistés et pourrait être la meilleure stratégie en termes de rapport coût/efficacité. Le dépistage répété tous les 5 ans bénéficie quant à lui à 794 hommes sur 100 000 mais est évidemment plus coûteux.

Un élément n’a toutefois pas été pris en compte dans cette modélisation : la qualité de vie des patients dépistés justement avec un diamètre aortique « limite » et à qui l’on propose un contrôle dans un délai relativement long de 5 ans. Il est fort probable que l’incertitude concernant l’évolution de leur pathologie engendrera chez eux une certaine anxiété qu’il serait utile de prendre en compte dans l’évaluation des stratégies. Des travaux ont en effet montré un important degré d’anxiété chez les patients porteurs d’un anévrisme et en attente d’intervention chirurgicale. Une meilleure connaissance de l’évolutivité des anévrismes et des taux de ruptures permettra sans doute de préciser les modalités de suivi et de rassurer les patients.

En France, la Haute Autorité de Santé travaille actuellement sur la meilleure stratégie de dépistage. Elle devrait rendre ses conclusions à la fin du mois de juillet. Il semblerait que l’on s’oriente vers « un dépistage opportuniste, c'est-à-dire que toute consultation médicale devrait orienter les patients vers le dépistage lorsque les patients appartiennent à la cible du dépistage » (Société Française de Médecine Vasculaire).



Dr Roseline Péluchon


Søgaard R et coll. : Cost effectiveness of abdominal aortic aneurysm screening and rescreening in men in a modern context: evaluation of a hypothetical cohort using a decision analytical model. BMJ 2012; 345:e4276 doi: 10.1136/bmj.e4276




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