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AVC : l’aphasie n’aurait pas forcément un mauvais pronostic

Publié le 09/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Complication fréquente d’un accident vasculaire cérébral (AVC), l’aphasie est un symptôme particulièrement redouté.  Cependant, le pronostic des patients qui en sont atteints  à la phase aiguë est mal établi.

L’étude prospective  de Maas et coll. a donc analysé les données d’une cohorte de 669 patients admis en urgence pour un AVC ischémique dans les 12 heures après l’apparition des premiers signes. Tous ont été évalués par scanner cérébral et angio-scanner des artères cérébrales. La sévérité de l’aphasie éventuelle a été cotée en fonction de l’échelle du National Institute of Health Stroke (NIHSS).

Au total, une aphasie était présente à l’admission chez  30 % des sujets (n=204) ; 166 patients d’entre eux sont  sortis vivants de l’hôpital, au 5e jour en moyenne : leur aphasie s’était améliorée  dans  57 % des cas et avait disparu dans 38 % des cas.

L’évaluation au 6e mois des 102 patients toujours aphasiques  à la sortie de l’hôpital  a montré que l’aphasie s’était améliorée dans  86 % des cas et avait complètement disparu dans 74 % des cas.

Lorsque l’aphasie  accompagnait un AVC  de faible importance (score NIHSS < 5), elle a disparu dans 90 % des cas dans les 6 mois. Ainsi, l’évolution favorable de l’aphasie était essentiellement  associée à des AVC de petite taille dont la  symptomatologie clinique était peu marquée et au fait que  l’état du patient antérieur à l’AVC n’était pas grevé d’une lourde  invalidité.

En conclusion, les chances de récupération complète d’une aphasie survenue dans les toutes premières heures d’un AVC aigu sont bonnes. Le pronostic est d’autant meilleur que les données cliniques et anatomiques sont en faveur d’une ischémie cérébrale de faible étendue. Cette constatation  n’est pas sans intérêt pratique ; en effet, il n’est pas certain que dans ces formes d’AVC le rapport bénéfice /risque soit en faveur de la thrombolyse.



Dr Robert Haïat


Maas MB et coll. : The Prognosis for Aphasia in Stroke. J Stroke Cerebrovasc Dis., 2012; 21: 350-357


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