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Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, peut-être un nouveau facteur de risque de thromboses veineuses profondes

Publié le 12/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Quelques observations ou séries de cas  font envisager une association possible entre le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) et la survenue de thromboses veineuses profondes (TVP), sans pour autant établir le moindre lien de causalité. Les preuves qui sous-tendent cette hypothèse restent bien insuffisantes.

Une approche un peu plus édifiante a été privilégiée dans une vaste étude de type cas-témoins prospective réalisée aux Etats-Unis. La cohorte a été constituée, entre 2000 et 2007 à partir d’une base de données, celle de la National Health Insurance Research. Tous les cas de SAOS de diagnostic récent ont été sélectionnés (n=5 680), cependant qu’un groupe de témoins indemnes de ce syndrome (n=4 505) était constitué avec appariement selon l’âge, le sexe, les co-morbidités, les antécédents d’intervention majeure, ou encore les fractures. Les deux cohortes ont été suivies au long cours, soit sur une durée moyenne de 3,56 années.

Pendant ce suivi, 40 cas (0,39 %) de TVP ont été identifiés, dont 30 (0,53 %) dans le groupe SAOS et 10 (0,22 %) dans le groupe témoin. Ainsi, chez les patients atteints de SAOS, le risque relatif ajusté (RRA) de TVP a été estimé à 3,11 (p=0,002 versus les témoins), indépendamment de l’âge, du sexe et des co-morbidités. Le traitement statistique des données a comporté une analyse de Kaplan-Meier qui a révélé une nette tendance à développer une TVP en cas de SAOS (log-rank test, p=0,001).

Qui plus est, le risque de TVP s’est avéré encore plus élevé dans les formes sévères du SAOS, celles nécessitant une ventilation en pression positive continue la nuit, le RRA atteignant alors la valeur de 9,575 (p<0,001).

En bref, cette étude de grande envergure est de type cas-témoins, mais son niveau de preuve dépasse largement celui des études antérieures. Il se pourrait que le SAOS favorise la survenue de TVP indépendamment d’autres variables, mais il s’agit d’une hypothèse qui justifie d’autres approches capables d’établir un authentique lien de causalité.



Dr Philippe Tellier


Kun-Ta Chou et coll. Sleep Apnea and Risk of Deep Vein Thrombosis: A Non-randomized, Pair-matched Cohort Study. Am J Med 2012 ; 125 : 374-380.




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