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Grippe A H1N1 : le temps compte pour les femmes enceintes

Publié le 13/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Parmi les 3 436 cas de grippes A H1N1 répertoriés entre juin 2009 et avril 2010 dans la province de Anhui en Chine, 126 patients (3,7 %) ont présenté une forme sévère. Parmi eux se trouvaient 46 femmes enceintes (37 %) et 1 en post-partum. Les femmes enceintes ont payé un plus lourd tribut en terme de mortalité, puisque parmi les 126 cas sévères, 15 % d’entre elles sont décédées (n=7), contre 9 % des femmes non enceintes (n=7). Les femmes enceintes avaient rapidement été placées dans les groupes à risque au cours de la pandémie grippale de 2009. Mais à quels facteurs tient cette fragilité particulière ? Une équipe chinoise a cherché à établir les facteurs de risque de décès chez ces femmes enceintes.

Première constatation : 5 des 7 femmes enceintes décédées étaient dans leur troisième trimestre de grossesse. Ce point est en adéquation avec les résultats de plusieurs travaux antérieurs qui montraient que le risque de décès augmentait au cours de la grossesse. Les auteurs avancent deux hypothèses. L’une est physiologique et tiendrait à des besoins accrus en oxygène de la mère liés à la croissance rapide du fœtus à ce stade de la grossesse. L’autre explication est plus « matérielle » et tiendrait à la réticence à pratiquer des examens radiologiques chez les femmes enceintes, méfiance retardant le diagnostic d’une éventuelle complication pulmonaire.

Un autre facteur semble avoir un impact sur le risque de décès, c’est le délai d’hospitalisation et de mise en route d’un traitement antiviral. Parmi les femmes enceintes, celles qui sont décédées se sont présentées en moyenne plus tardivement après le début des symptômes que celles qui ont survécu (4 jours vs 2 jours). Les raisons évoquées rétrospectivement par la famille pour expliquer ce retard étaient la crainte d’être contaminée par d’autres malades en allant consulter, la crainte des médicaments « occidentaux » et la sous-estimation de la maladie, considérée d’abord comme un simple rhume.
Les corticostéroïdes ne paraissent avoir aucune influence sur le risque de mortalité.



Dr Roseline Péluchon


Li F et coll. : A case control study on risk factors associated with death in pregnant women with severe pandemic H1N1 infection.
BMJ Open 2012 ;2: e000827. doi: 10.1136/bmjopen-2012-000827.




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Vos réactions

Nb de trimestre ou pluriparité ?

Le 18 juillet 2012

Qui sait si comme dans le paludisme les décès sont plus fréquent chez les multipares que chez les nullipares ?
Ceci confirmerait mon hypothèse de l'implication de l'activation du CMH des groupes HLA .
Quand à la mortalité plus forte par admission au 4 e jour plutôt qu'au 2 e jour c'était connu .C'est vers le 5 e jour que les complications apparaissaient et vers le 12 e jour que la mort survenait.
La cortisone est indifférente globalement mais délétère au début et bénéfique après le 5 e jour !

François Roche

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