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Infiltration de corticoïdes ou non, échoguidage ou non, dans l’aponévrosite plantaire

Publié le 13/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’aponévrose plantaire, support essentiel de l’arche plantaire, sert d’amortisseur lors de la marche et de la course. Il n’existe pas de test spécifique pour le diagnostic d’aponévrosite plantaire mais l’échographie est désormais de plus en plus utilisée pour l’étude de l’aponévrose et de son insertion. Chez les malades souffrant d’aponévrosite plantaire résistante aux antalgiques et au repos, il est d’usage d’effectuer une infiltration locale de corticostéroïdes. Pourtant, peu d’études contrôlées ont évalué l’efficacité de ce type d’injection. Des injections échoguidées ont été proposées chez les malades résistant aux injections à l’aveugle, mais les résultats des études, peu nombreuses, comparant injections echoguidées et injections à l’aveugle sont contradictoires.

Les deux objectifs de ce travail britannique étaient de comparer une infiltration de corticoïdes à un placebo et un geste échoguidé par rapport à un geste à l’aveugle.
Soixante-cinq malades ont été inclus ; 22 ont reçu une injection de corticoïdes échoguidée (groupe 1), 21 une injection de solution saline (placebo) échoguidée (groupe 2), et 22 une injection de corticoïdes à l’aveugle (groupe 3).

Les critères d’inclusion étaient, une talalgie associé à un point douloureux exquis au tubercule médian du calcanéum et un échec après 8 semaines de traitement médical.

L’évaluation a reposé sur  la cotation à une échelle visuelle analogique (EVA) pour la douleur et un score de douleur à la pression calcanéenne (1 = douleur, 2= douleur et éviction, 3= douleur et retrait) à l’inclusion, puis à 6 et 12 semaines.

Les injections non guidées étaient réalisées de façon à maintenir « l’aveugle » pour le malade.

Le score EVA moyen  (SD) à 6 semaines était de 33,1 (28,4) dans le groupe 1, 30,3 (27,3) dans le groupe 3 et 50,9 (31,4) dans le groupe 2 et à 12 semaines de 28,4 (24,9), 28,2 (24,8) et 53,8 (33,8) respectivement

Les différences dans les scores EVA moyens entre les 3 groupes à 6 (P=0,018) et 12  (P=0,004) semaines étaient significatives en analyse de covariance.

En ce qui concerne le score de douleur à la pression, il n’y avait pas de différence entre les groupes 1 et 3 à 6 et 12 semaines, la différence entre les groupes 1 et  2 n’était pas significative à 6 semaines (p=0,08) mais le devenait à 12 semaines ( p=0,002) et la différence entre les groupes 2 et 3 était significative à 6 et 12 semaines (p=0,0062 et p=0,001).

L’épaisseur de l’aponévrose était significativement réduite après injection dans les groupes 1 et 3.

Il s’agit de la première étude contrôlée montrant un effet bénéfique tardif à 12 semaines de l’infiltration de corticoïdes. Les malades traités activement (groupe 1 et 3) avaient une réduction significative de la douleur (spontanée ou à la pression) et de l’épaisseur aponévrotique par rapport au groupe placebo.

Ces résultats sont en faveur de l’utilisation des injections cortisonées dans le traitement de l’aponévrosite plantaire, mais l’échoguidage n’apporte rien.



Dr Juliette Lasoudris Laloux


Ball EMA et coll. : Steroid injection for inferior heel pain : a randomised controlled trial.
Ann Rheum Dis., 2012, publication avancée en ligne le 27 juin.




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