L’aponévrose plantaire, support essentiel de l’arche plantaire,
sert d’amortisseur lors de la marche et de la course. Il n’existe
pas de test spécifique pour le diagnostic d’aponévrosite plantaire
mais l’échographie est désormais de plus en plus utilisée pour
l’étude de l’aponévrose et de son insertion. Chez les malades
souffrant d’aponévrosite plantaire résistante aux antalgiques et au
repos, il est d’usage d’effectuer une infiltration locale de
corticostéroïdes. Pourtant, peu d’études contrôlées ont évalué
l’efficacité de ce type d’injection. Des injections échoguidées ont
été proposées chez les malades résistant aux injections à
l’aveugle, mais les résultats des études, peu nombreuses, comparant
injections echoguidées et injections à l’aveugle sont
contradictoires.
Les deux objectifs de ce travail britannique étaient de comparer
une infiltration de corticoïdes à un placebo et un geste échoguidé
par rapport à un geste à l’aveugle.
Soixante-cinq malades ont été inclus ; 22 ont reçu une injection de
corticoïdes échoguidée (groupe 1), 21 une injection de solution
saline (placebo) échoguidée (groupe 2), et 22 une injection de
corticoïdes à l’aveugle (groupe 3).
Les critères d’inclusion étaient, une talalgie associé à un
point douloureux exquis au tubercule médian du calcanéum et un
échec après 8 semaines de traitement médical.
L’évaluation a reposé sur la cotation à une échelle
visuelle analogique (EVA) pour la douleur et un score de douleur à
la pression calcanéenne (1 = douleur, 2= douleur et éviction, 3=
douleur et retrait) à l’inclusion, puis à 6 et 12 semaines.
Les injections non guidées étaient réalisées de façon à
maintenir « l’aveugle » pour le malade.
Le score EVA moyen (SD) à 6 semaines était de 33,1 (28,4)
dans le groupe 1, 30,3 (27,3) dans le groupe 3 et 50,9 (31,4) dans
le groupe 2 et à 12 semaines de 28,4 (24,9), 28,2 (24,8) et 53,8
(33,8) respectivement
Les différences dans les scores EVA moyens entre les 3 groupes à
6 (P=0,018) et 12 (P=0,004) semaines étaient significatives
en analyse de covariance.
En ce qui concerne le score de douleur à la pression, il n’y
avait pas de différence entre les groupes 1 et 3 à 6 et 12
semaines, la différence entre les groupes 1 et 2 n’était pas
significative à 6 semaines (p=0,08) mais le devenait à 12 semaines
( p=0,002) et la différence entre les groupes 2 et 3 était
significative à 6 et 12 semaines (p=0,0062 et p=0,001).
L’épaisseur de l’aponévrose était significativement réduite
après injection dans les groupes 1 et 3.
Il s’agit de la première étude contrôlée montrant un effet
bénéfique tardif à 12 semaines de l’infiltration de corticoïdes.
Les malades traités activement (groupe 1 et 3) avaient une
réduction significative de la douleur (spontanée ou à la pression)
et de l’épaisseur aponévrotique par rapport au groupe placebo.
Ces résultats sont en faveur de l’utilisation des injections
cortisonées dans le traitement de l’aponévrosite plantaire, mais
l’échoguidage n’apporte rien.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Ball EMA et coll. : Steroid injection for inferior heel pain : a randomised controlled trial.
Ann Rheum Dis., 2012, publication avancée en ligne le 27 juin.
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