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La prévention de l’herpès néonatal par le traitement antiviral de la mère ne suffit pas toujours !

Publié le 14/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

De gravité variable mais souvent notable, l’herpès néonatal (infection au cours du premier mois de vie) peut déterminer une atteinte multiviscérale avec ou sans atteinte cérébrale, avec ou sans infection muqueuse et cutanée ou une atteinte du système nerveux central (SNC) avec ou sans lésions cutanées ou encore une maladie limitée à la peau, aux muqueuses et à l’œil. Dans la majorité des cas l’infection est acquise à la naissance à partir d’une contamination vaginale, même en l’absence d’herpès visible à ce moment. Les recommandations obstétricales sont d’administrer, en cas d’herpès génital récurrent, un traitement antiviral à partir de la 36ème semaine et de pratiquer une césarienne s’il existe des lésions actives ou des symptômes vulvaires en début de travail. Elles reposent cependant sur l’opinion des experts mais non sur des preuves.

Des pédiatres de 4 universités américaines publient 8 cas d’herpès prouvé chez des nouveau-nés dont les mères avaient reçu une prophylaxie antivirale pendant la grossesse (valaciclovir 6 fois, aciclovir 2 fois). Les 8 mères étaient âgées de 20 à 29 ans ; 6 avaient une colonisation à streptocoque B et 1 une vaginite et une infection à papillomavirus ; aucune n’était positive pour le VIH.  Six ont eu leur première poussée d’herpès pendant la grossesse, 2 avaient des antécédents sans manifestation actuelle. La transmission périnatale a eu lieu 7 fois malgré le traitement poursuivi 5 fois jusqu’à l’accouchement qui s’est fait à terme. Le 8ème enfant est né à 32 semaines alors que sa mère a eu la première manifestation d’herpès à 12 semaines de gestation. Pour ce 8ème cas, le diagnostic a été confirmé par PCR.

Les premiers symptômes ont débuté entre le 1er et le 8ème jour de vie 7 fois sur 8, dans 2 cas après une rupture prématurée des membranes mais une fois après césarienne sur membranes intactes. Un enfant n’a été symptomatique qu’à J 27. Cinq enfants avaient des lésions de la peau, des muqueuses et des yeux. Deux avaient une atteinte du SNC dont l’un avec une atteinte viscérale et le prématuré présentait une maladie intra-utérine disséminée et une microcéphalie. Deux des nouveau-nés avec des signes cutanéo-muqueux ont souffert d’une détresse respiratoire transitoire. Les cultures des prélèvements de 6 nourrissons ont été positives : HSV-1 (2 cas), HSV-2 (2 cas), non typées (2 cas). Les 2 dernières étaient négatives et le diagnostic confirmé par PCR. L’imagerie cérébrale de 4 nourrissons était normale sauf chez le prématuré.

Au total, un traitement anti-viral maternel ne suffit pas à prévenir la maladie néonatale. Les lésions cutanéo-muqueuses évocatrices sont inconstantes.



Pr Jean-Jacques Baudon


Pinninti SG et coll. : Neonatal herpes disease following maternal antiviral suppresive therapy: a multicenter case series. J Pediatr 2012; 161: 134-8


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