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Vitamine D : pas moins de 800 UI par jour

Publié le 15/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La supplémentation en vitamine D et en calcium est aujourd’hui  la base de la stratégie médicamenteuse pour la prévention des fractures ostéoporotiques. Ces dernières années, les progrès réalisés dans la compréhension du métabolisme complexe de la vitamine D, ainsi que de nombreuses études épidémiologiques, ont mis au jour des vertus insoupçonnées de cette molécule, pourtant isolée dès 1928, dans des domaines aussi variés que la trophicité musculaire, l’allergie ou encore le cancer.

Malgré ces progrès récents, l’efficacité réelle de la supplémentation vitaminique, la posologie à employer et les modalités de son association avec le calcium ne sont pas parfaitement connues. Les résultats de précédentes méta-analyses, dont une reprenant directement les données des patients sont contradictoires.
Heike A Bischoff-Ferrari et coll. ont mené la première méta-analyse reprenant là aussi directement les données des patients (Pooled studies analysis) et prenant en compte la dose de vitamine D réellement prise et non la dose prescrite.

Déterminer la dose réellement prise

Les auteurs ont repris les données  provenant de 11 études randomisées contrôlées en double aveugle contre placebo (correspondant à 31 022 patients, 1 111 fractures cervicales, et 3 770 fractures non vertébrales) publiées avant le 31 Août 2011 incluant des sujets de 65 ans ou plus recevant une supplémentation en vitamine D associée ou non au calcium. Les données concernant les fractures étaient collectées à partir des dossiers médicaux, à l’exception de celles relatives aux fractures vertébrales qui n’étaient recueillies systématiquement dans aucune des études. La dose de vitamine D effectivement prise était estimée pour chaque patient comme la somme de la dose prescrite et des prises supplémentaires éventuelles (autorisées dans 5 des 11 études) auxquelles on appliquait les données recueillies sur la compliance (connues pour chaque patient dans 7 études, et extrapolées dans 4). Les patients étaient répartis en quatre quartiles rendant compte de la répartition des prises effectives de vitamine D (0 à 360, 361 à 637, 638 à 791, 792 à 2 000 UI de vitamine D par jour).

Pas moins de 792 UI/j

Dans une analyse en intention de traiter ajustée sur le sexe, l’âge, le type d’habitation (institution ou non) et l’étude, la supplémentation en vitamine D était associée à une réduction des fractures du col du fémur de 10 % par rapport au placebo mais qui n’était pas significative (intervalle de confiance à 95 %, [IC95] : 0,80 à 1,01). Le groupe de patients correspondant au quartile supérieur de prise effective de vitamine D (792 à 2000 UI/j) présentait une réduction du risque de fracture du col de 30 % ([IC95] : 0,58 à 0,86) par rapport au groupe placebo. Une réduction du risque de fracture n’était observée dans aucun autre quartile. Autrement dit, aucun des groupes de patients recevant une dose inférieure à 791 UI/j n’a bénéficié d’une réduction du risque de fracture du col significative. Les patients du quartile supérieur (791 à 2 000) présentaient une réduction de 30 % du risque de fracture cervicale fémorale en comparaison aux patients du quartile inférieur (0 à 360), suggérant une relation dose-effet.

En ce qui concerne les fractures non vertébrales, on observe une réduction globale de 7 % (IC95 0,87 à 0,99), et les résultats en fonction des doses effectivement prises sont comparables à celles observées pour les fractures du col, avec une diminution du risque fracturaire de 14 % pour des doses supérieures à 792 UI/j ([IC95] : 0,76 à 0,96).

Quid de l’association au calcium ?

Les résultats de cette étude illustrent donc l’inefficacité d’une supplémentation en vitamine D inférieure à 800 UI/j, ce qui est en accord avec les recommandations actuelles de l’Institute of Medicine.

Une analyse en sous-groupe suggère une moindre efficacité de la prévention fracturaire lorsque la vitamine D est associée au calcium à des doses suéprieures ou égales à 1 000 mg/J, par rapport à une association au calcium à des doses inférieures à 1 gramme. Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ce point pour des posologies de vitamine D égales ou supérieures à 800 UI/j.



Dr Alexandre Haroche


Bischoff-Ferrari HA et coll. : A Pooled Analysis of Vitamin D Dose
Requirements for Fracture Prevention. N Engl J Med., 2012; 367: 40-9


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