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Coxarthrose : la nuit aussi ça fait mal !

Publié le 16/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La coxarthrose est une cause majeure de douleur chronique de hanche, rythmée par les activités physiques. Classiquement la douleur est mécanique. Et les sujets souffrent lors des activités, s’améliorent au repos, par exemple la nuit. Cependant beaucoup d’états douloureux chroniques s’accompagnent de troubles du sommeil qui retentissent sur la qualité de vie, entrainant un état de fatigue chronique. Cette étude a donc évalué la qualité du sommeil chez les sujets souffrant d’une coxarthrose symptomatique.

Il s’agit d’une étude transversale portant sur 2 225 femmes de plus de 65 ans (83,8 ± 3,3 ans) incluses dans une étude portant sur l’ostéoporose.

Le sommeil était évalué par questionnaire (Pittsburg Sleep Quality Index (PSQI)) et par actigraphie au poignet, technique permettant de détecter les périodes de sommeil et d’éveil, qui est validée et moins lourde à mettre en œuvre que l’enregistrement polysomnographique. Parallèlement, la coxarthrose était évaluée sur le questionnaire Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index (WOMAC).

De manière prévisible la coxarthrose symptomatique est associée à une altération fonctionnelle, à une réduction des activités, à des lombalgies, à une prise d’antalgiques, d’anti inflammatoires, de benzodiazépine, et à des scores défavorables d’anxiété-dépression  et de fatigue.

Spontanément deux tiers des sujets douloureux se plaignent de troubles du sommeil, et objectivement 28,4 % ont effectivement une altération de la qualité du sommeil au PSQI, contre 6,6 % des sujets asymptomatiques. Ainsi, des difficultés d’endormissement sont constatées chez 33 % des sujets symptomatiques (Odds Ratio [OR] 1,25 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] : 1,11-1,50, pour chaque tranche de 5 points au WOMAC). Puis les réveils nocturnes sont plus fréquents en cas de coxarthrose symptomatique, surtout passées les deux premières heures de sommeil.

Les auteurs identifient des facteurs prédictifs de troubles du sommeil dans l’évolution de la coxarthrose : douleur pour s’assoir, douleur pour se coucher (OR 2,0 ; IC95% : 1,47-2,72). Par contre la douleur en charge à la marche n’est associée qu’à une fragmentation du sommeil (OR 1,41 ; IC 95 % : 1,07-2,01).

Ces résultats restent valables après ajustement sur la prise de benzodiazépine et sur les scores d’anxiété-dépression.

Au total, cette étude démontre bien que les sujets souffrant d’une coxarthrose ont un sommeil perturbé alors qu’il s’agit d’une pathologie mécanique. De plus, les réveils nocturnes apparaissent après les deux premières heures de sommeil, peut-être du fait d’un épuisement des traitements symptomatiques pris le soir.



Dr Laurent Laloux


Parimi N et coll. : Hip pain while using lower extremity joints and sleep disturbances in elderly white women : results from a cross-sectional analysis. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1070-1079




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