La coxarthrose est une cause majeure de douleur chronique de
hanche, rythmée par les activités physiques. Classiquement la
douleur est mécanique. Et les sujets souffrent lors des activités,
s’améliorent au repos, par exemple la nuit. Cependant beaucoup
d’états douloureux chroniques s’accompagnent de troubles du sommeil
qui retentissent sur la qualité de vie, entrainant un état de
fatigue chronique. Cette étude a donc évalué la qualité du sommeil
chez les sujets souffrant d’une coxarthrose symptomatique.
Il s’agit d’une étude transversale portant sur 2 225 femmes de
plus de 65 ans (83,8 ± 3,3 ans) incluses dans une étude portant sur
l’ostéoporose.
Le sommeil était évalué par questionnaire (Pittsburg Sleep
Quality Index (PSQI)) et par actigraphie au poignet, technique
permettant de détecter les périodes de sommeil et d’éveil, qui est
validée et moins lourde à mettre en œuvre que l’enregistrement
polysomnographique. Parallèlement, la coxarthrose était évaluée sur
le questionnaire Western Ontario and McMaster Universities
Osteoarthritis Index (WOMAC).
De manière prévisible la coxarthrose symptomatique est associée
à une altération fonctionnelle, à une réduction des activités, à
des lombalgies, à une prise d’antalgiques, d’anti inflammatoires,
de benzodiazépine, et à des scores défavorables
d’anxiété-dépression et de fatigue.
Spontanément deux tiers des sujets douloureux se plaignent de
troubles du sommeil, et objectivement 28,4 % ont effectivement une
altération de la qualité du sommeil au PSQI, contre 6,6 % des
sujets asymptomatiques. Ainsi, des difficultés d’endormissement
sont constatées chez 33 % des sujets symptomatiques (Odds Ratio
[OR] 1,25 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] : 1,11-1,50,
pour chaque tranche de 5 points au WOMAC). Puis les réveils
nocturnes sont plus fréquents en cas de coxarthrose symptomatique,
surtout passées les deux premières heures de sommeil.
Les auteurs identifient des facteurs prédictifs de troubles du
sommeil dans l’évolution de la coxarthrose : douleur pour s’assoir,
douleur pour se coucher (OR 2,0 ; IC95% : 1,47-2,72). Par contre la
douleur en charge à la marche n’est associée qu’à une fragmentation
du sommeil (OR 1,41 ; IC 95 % : 1,07-2,01).
Ces résultats restent valables après ajustement sur la prise de
benzodiazépine et sur les scores d’anxiété-dépression.
Au total, cette étude démontre bien que les sujets souffrant
d’une coxarthrose ont un sommeil perturbé alors qu’il s’agit d’une
pathologie mécanique. De plus, les réveils nocturnes apparaissent
après les deux premières heures de sommeil, peut-être du fait d’un
épuisement des traitements symptomatiques pris le soir.
Dr Laurent Laloux
Parimi N et coll. : Hip pain while using lower extremity joints and sleep disturbances in elderly white women : results from a cross-sectional analysis. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1070-1079
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