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Histoire de cils… et de rétine

Publié le 16/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les photorécepteurs, les récepteurs de l'oreille interne (cochléaires et vestibulaires), les spermatozoïdes et l'épithélium cilié nasal (ECN) ont en commun un organite caractéristique : le cil (ou flagelle selon le cas). Largement distribués dans le corps humain où ils remplissent diverses fonctions, tous les cils ont une ultrastructure et une composition moléculaire semblables. Ces similarités ont conduit à l'hypothèse qu'une anomalie de la fonction ciliaire pouvait être associée aussi bien à des anomalies des spermatozoïdes et de l'ECN qu'à une dégénérescence rétinienne. C'est ainsi que le terme de "ciliopathie rétinienne" a commencé à être utilisé avec la constatation d'anomalies morphologiques des cils au niveau de l'ECN et des spermatozoïdes chez les patients atteints de rétinopathie pigmentaire (RP) ou d'un syndrome de Usher (SU), forme de surdité neurosensorielle associée à une RP, considéré comme la cause la plus fréquente de cécité et de surdité combinées et dont on distingue 3 types (I, II ou III) selon l'âge d'apparition et le degré de perte auditive et d'atteinte vestibulaire.

Le cil connecteur, situé entre le segment externe et le segment interne, est essentiel au fonctionnement des photorécepteurs. Un cil connecteur défectueux peut ainsi entraver l'acheminement des protéines vers le segment externe et provoquer sa dégénérescence puis la perte du photorécepteur, suivie d'altérations de l'épithélium pigmentaire et des autres couches de la rétine, comme c'est le cas dans la RP.

Afin d'étayer les hypothèses en faveur de la responsabilité d'un trouble fonctionnel ciliaire dans ces pathologies, une équipe espagnole a utilisé un système vidéo numérique haute résolution à grande vitesse permettant d'évaluer la fréquence et la physionomie des battements ciliaires de l'épithélium nasal chez les patients présentant une RP ou un SU de type II et de les comparer à celles de témoins en bonne santé dans le cadre d'une étude prospective comparative et contrôlée.

Moins de battements dans les ciliopathies ?

Au total, 49 échantillons frais de la muqueuse nasale ont été prélevés chez 13 patients atteints de formes typiques de RP, 4 patients présentant un SU de type II et 32 témoins volontaires sains. Tous les participants étaient de race blanche. La FBCN (fréquence des battements ciliaires nasaux) a été évaluée à 10,59 ± 1,54 Hz chez les patients "RP", 9,28 ± 0,4 Hz chez les patients du groupe "Usher", et de 10,82 ± 1,39 Hz dans le groupe témoin. La FBCN n'était pas significativement différente entre le groupe "RP" et le groupe "Usher" (p = 0,11*), de même qu'entre le groupe "RP" et le groupe témoin (p = 0,64*). En revanche, la FBCN des patients du groupe "Usher" était significativement inférieure à celle du groupe témoin (p = 0,01*). Quant à la physionomie des battements ciliaires, elle s'est avérée normale sur la totalité des échantillons.

Avec le test simple mis au point dans cette étude, l'évaluation de la fonction ciliaire sur des échantillons de muqueuse nasale humaine devrait permettre de mieux comprendre la physiopathologie d'un certain nombre de ciliopathies. Cette étude a démontré que l'ECN des patients atteints d'un SU de type II battait à une fréquence inférieure à celui des sujets en bonne santé, ce qui corrobore le fait que ce syndrome pourrait être secondaire à un dysfonctionnement ciliaire. La FBCN des patients ayant une forme simplex (cas isolé) de RP n'était en revanche pas significativement différente des celle des sujets témoins.

* U-test de Mann-Whitney



Dr FH


Armengot M, Salom D, Diaz-Llopis M, et coll. : Nasal ciliary beat frequency and beat pattern in retinal ciliopathies. Invest Ophthalmol Vis Sci., 2012;53:2076-9.



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