> Accueil JIM > Cancer du sein : la spironolactone innocentée

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Cancer du sein : la spironolactone innocentée

Publié le 16/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La médecine est un art, dit-on. Ce n’est qu’en partie vrai à l’ère de l’Evidence Based Medicine. Convenons toutefois que la prescription d’un médicament se rapproche souvent d’un art, celui du compromis.  Nos confrères d’Outre-Manche en font l’expérience avec la spironolactone, recommandée par le NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) comme premier choix pour le traitement de l’hypertension artérielle résistante alors que son autorisation dans cette indication est en suspens depuis 1988 à la suite d’un doute sur un éventuel effet carcinogène chez l’animal. La recommandation du NICE indique d’ailleurs que les médecins doivent obtenir le consentement éclairé de leurs patients avant de prescrire la spironolactone pour une hypertension résistante.

Les traitements par spironolactone entraînent souvent une gynécomastie, due aux effets de la molécule sur les récepteurs androgéniques et de la progestérone. La question se pose depuis longtemps de la responsabilité éventuelle de la spironolactone dans le développement de cancers du sein, mais les différents travaux consacrés à la question n’ont pas jusqu’à présent permis de conclure.

Une équipe du Royaume-Uni a réalisé une étude rétrospective de cohorte, incluant plus de 1 million de patientes de plus de 55 ans, répertoriées entre 1987 et 2010. Pendant le suivi, 29 491 cancers du sein ont été diagnostiqués. Dans la cohorte entière, 28 032 patientes avaient reçu au moins 2 prescriptions de spironolactone. L’incidence annuelle du cancer du sein chez ces patientes a été comparée à celle de 55 961 patientes n’ayant pas reçu de spironolactone. Il n’existe aucun lien entre la prise de spironolactine et l’incidence annuelle de cancer du sein (0,39 % vs 0,38 % pour un suivi moyen de 4 ans). L’analyse en sous-groupe ne permet d’identifier aucun groupe à risque augmenté. Aucun effet dose-réponse n’est non plus mis en évidence.

Notons que ces données ne s’appliquent qu’aux femmes de plus de 55 ans et ne peuvent être extrapolées aux femmes plus jeunes ou aux hommes. Les auteurs précisent toutefois que, dans la banque de données de recherche en médecine générale utilisée pour cette étude, seuls 2 hommes exposés à la spironolactone ont déclaré un cancer du sein, rendant peu probable une augmentation du risque dans cette catégorie de patients.



Dr Roseline Péluchon


Mackenzie IS et coll. : Spironolactone and risk of incident breast cancer in women older than 55 years: retrospective, matched cohort study. BMJ 2012;345:e4447 doi: 10.1136/bmj.e4447




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions