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Lire sur les lèvres pour donner la parole aux malades ventilés

Publié le 19/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La ventilation invasive, que ce soit grâce à une sonde  d’intubation ou  par une canule de trachéotomie empêche en général toute communication verbale. Un cas clinique, rapporté par des médecins d’un hôpital universitaire new –yorkais, illustre dans ces cas l’intérêt de la lecture labiale.

Un homme de 75 ans, sans domicile fixe et sans famille, a été admis dans une unité de grands brûlés avec 50 % de la surface corporelle affectée. Au terme d’un an de traitement, iI persiste des plaies non guéries, après rejets de multiples greffes cutanées, ainsi que des  lésions rétractiles invalidantes des membres supérieurs. La poursuite des soins  (interventions chirurgicales lourdes avec un pronostic fonctionnel et vital réservé) est refusée catégoriquement par le patient. Il est à cette époque éveillé, en ventilation spontané et cliniquement stable. En l’absence de traitement actif, l’aggravation de son état oblige le recours à une ventilation assistée puis à une trachéotomie.

Le malade reste capable de former les mots avec la bouche. Un problème se pose  lorsque le patient réclame un café et des donuts alors qu’il souffre de troubles sévères de déglutition. L’équipe souhaite l’avis d’un psychiatre. Celui-ci parvient à communiquer avec le malade grâce un interprète sourd et muet lisant sur les lèvres, retranscrivant en langue des signes les paroles ensuite traduites « en clair » par un second interprète.

Cette procédure, qui peut sembler lourde, a toutefois permis d’établir que le patient ne pouvait pas comprendre le risque pour lui de manger. La tâche des cliniciens a ainsi été clarifiée : ne pas le laisser se nuire et donc ne pas accéder à ce souhait. De plus, ce moyen de communication a permis de préciser son histoire de vie et ses ultimes volontés. Après quelques mois de « conversations » il est décédé de ses blessures et a été enterré selon le rite catholique dans le tombeau familial de Long Island.

Pour les auteurs, chez le patient ventilé pouvant former les mots sur sa bouche, la lecture labiale offre une opportunité probablement sous utilisée pour préserver la communication.



Dr Béatrice Jourdain


Meltzer E et coll. : Lip-reading and the ventilated patient
Crit Care Med 2012; 40: 1529-1531




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