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Des risques, même avec un seul culot ?

Publié le 20/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les transfusions sanguines (TS) au bloc ont souvent pour objet de compenser une perte de sang peropératoire. L’importance de l’hémorragie qui conduit à la TS est cependant sujette à de grandes variations.

Il a été difficile de confirmer la corrélation entre TS excessives et complications chirurgicales, bien que de nombreux auteurs s’en soient fait l’écho. En effet, 80 % des produits sanguins administrés au bloc sont destinés à une minorité de patients à haut risque, par là même exposés à des suites difficiles. A contrario, la TS type au bloc est représentée par un culot globulaire  unique (CGU) dont il n’était pas prouvé qu’il eût les mêmes effets délétères.

Les auteurs nord-américains ont travaillé sur une large base de données, après exclusion des enfants et des traumatisés, en posant comme hypothèse que les effets adverses des TS étaient dose-dépendants. Ils ont donc comparé le devenir des opérés aya
nt reçu un CGU à celui des opérés non ou au contraire massivement transfusés, dans 173 centres entre 2005 et 2009. Seules les TS peropératoires ont été prises en compte, et les patients ayant reçu plus de 4 CGU dans les 2 j précédant ou les 3 j suivant l’intervention ont été exclus.

Les critères de jugement ont été la morbidité et la mortalité dans les 30 j postopératoires.

Sur 941 496 opérés (hors chirurgie cardiaque), 48 291 (5,1 %) ont été transfusés, dont 15 186 par un CGU, et 33 105 par plusieurs culots.

D’emblée, il apparaît avec une évidence flagrante que la mortalité et la morbidité augmentent de façon linéaire avec le nombre de CGU (la mortalité par exemple passant de 0,5 à 6 puis à 42 %selon que l’opéré a reçu  0, 1 ou  ≥ 15 CGU). La comparaison de la morbidité entre les opérés ayant reçu 0 ou 1 CGU est tout aussi démonstrative : les complications infectieuses sont multipliées après TS par 3,5, les complications rénales par 4, les complications pulmonaires, cérébrales ou coronariennes par 5, etc. 

Pour éliminer tout biais, les auteurs ont alors apparié 11 855 patients sans TS avec 11 855 autres ayant reçu un CGU, de même âge, sexe, poids, etc. Cette comparaison multivariée de ces 2 groupes de malades, différant seulement par la transfusion d’un CGU, montre des suites plus graves dans le groupe CGU (mortalité accrue, et significativement plus de complications septiques, superficielles et profondes, respiratoires, rénales, et de réinterventions).

Il y a donc lieu de réfléchir avant de proposer une transfusion peropératoire pour une hypovolémie modérée.



Dr Jean-Fred Warlin


Ferraris VA et coll. : Surgical outcomes and transfusion of minimal amounts of blood in the operating room. Arch Surg., 2012;147: 49-55.


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