Alors que le diabète de type 2 (DT2) n’est plus
exclusivement le diabète de la maturité et que son incidence et sa
prévalence ne cessent d’augmenter chez les sujets jeunes
contribuant à une fréquence de l’insuffisance rénale terminale
(IRT) et à une morbi-mortalité accrues à mi-vie, les données
intéressant l’histoire naturelle du DT2 en population jeune aux
États-Unis sont peu nombreuses. Des auteurs d’Harvard, de
l’université du Michigan et du Joslin Diabetes Center
(Boston) ont cherché à pallier ce manque et estimé, chez les
adolescents et adultes jeunes atteints de DT2, la durée de vie
restante et l’incidence cumulée vie entière des complications
micro- et macroangiopathiques du diabète.
En comparaison de la durée de vie restante, de 58,6 ans, des
sujets de 20 ans d’âge moyen indemnes de diabète aux États-Unis,
celle des sujets âgés de 15 à 20 ans ayant un DT2 de diagnostic
récent a été estimée à 43,09 ans en moyenne sous traitement
conventionnel du diabète, et cette durée estimée de vie restante
était accrue de 0,98 an sous traitement intensif.
Au bénéfice du traitement intensif du diabète, c’est une moindre
incidence cumulée d’IRT vie entière qui est mise en évidence (22,3
% vs 29 % sous traitement conventionnel), et une plus faible
mortalité liée à l’IRT (19,4 % vs 25,2 % sous traitement
conventionnel). Mais au-delà de 25 années de DT2, au moins 5 % des
adolescents et adultes jeunes des 2 groupes thérapeutiques étaient
en IRT, et au-delà de 30 années, cette proportion atteignait ou
dépassait 10 %.
Au bénéfice du traitement intensif c’est aussi une plus faible
incidence cumulée vie entière de la cécité qui est relevée (13,8 %
vs 18,5 % sous traitement conventionnel), tandis qu’au-delà de 35
années, la cécité touchait au moins 10 % des patients des 2
groupes.
La plus longue survie des patients traités intensivement pendant
30 à 40 années, et la sévérité des facteurs de risque de maladie
cardiovasculaire, sont apparus cependant contribuer à un
accroissement de l’incidence cumulée vie entière de la maladie
coronarienne (36,1 % vs 34 % sous traitement conventionnel) et
d’AVC (32,4 % vs 29,8 %).
Menée aux États-Unis où des travaux antérieurs ont suggéré que 1
garçon sur 3 et 2 filles sur 5 nés en 2000 développeront un diabète
au cours de l’existence, cette étude évalue à près de 15 années en
moyenne la perte de durée de vie restante lorsque le DT2 s’est
installé à l’adolescence et chez l’adulte jeune. S’ajoute à cet
impact délétère, la survenue, dès la quarantaine, de complications
chroniques, micro- et macrovasculaires, qui pèsent sur l’espérance
et la qualité de vie. Rhodes et coll mettent l’accent sur la
nécessité d’une prise en charge prenant en considération ces
résultats, incluant notamment un contrôle précoce et agressif des
facteurs de risque cardiovasculaires.
Dr Julie Perrot
Rhodes ER et coll. : Estimated morbidity and mortality in adolescents and young adults diagnosed with type 2 diabetes mellitus. Diabetes Medicine 2012 ; 29 : 453-63 (doi : 10.1111/j.1464-5491.2011. 03542)
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