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Lupus : pourquoi pas une deuxième grossesse ?

Publié le 20/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le lupus eryrhémateux disséminé (LED) affecte principalement les femmes en âge de procréer. Une méta-analyse de 2010 a recensé 37 études ayant évalué au total 2 751 grossesses chez 1 842 femmes lupiques. Ces femmes ont un taux plus élevé de complications de la grossesse (pré éclampsie, hypertension gestationnelle, éclampsie, poussée lupique, hypotrophie fœtale, avortement spontané, prématurité, mort in utero, bloc auriculo-ventriculaire chez les femmes avec des anticorps anti SSA/Ro et anti SSB.)

Le devenir obstétrical des femmes ayant eu une première grossesse compliquée n’a jamais été évalué. Cette lacune rend difficile le conseil auprès des patientes qui souhaitent une deuxième grossesse.

Le but de ce travail australien était de déterminer l’incidence et la récurrence de la morbi-mortalité périnatale au cours d’une seconde grossesse chez les femmes souffrant d’un lupus.

La population étudiée comprenait toutes les femmes qui ont accouché en Nouvelles –Galles du sud en Australie entre 2001 et 2008, soit 794 577 accouchements pour 532 612 femmes, dont 1 058 accouchements chez 675 femmes lupiques. La prévalence du LED dans cette population était de 127/100 000 femmes.

Il n’y a pas eu de décès maternels chez les femmes atteintes de lupus durant la période d’observation.

Parmi les 675 patientes, 177 avaient eu une première grossesse. Pour 10 (5,6 %) d’entre elles, la première grossesse s’était soldée par un décès périnatal mais 9 d’entre elles (90 %) ont eu un enfant vivant à leur seconde grossesse et une seule, un avortement spontané à 14 semaines d’aménorrhée.

Parmi les 167 femmes qui avaient eu un premier enfant vivant, les issues de la seconde grossesse comprenaient pour 18, un avortement spontané, pour 1 un décès perinatal, pour 148 (89 %) un enfant vivant qui a pu rentrer à la maison.

La force de cette étude est sa large échelle. Une de ses limites est l’absence de données sur le statut clinique de ces femmes et leurs traitements.

Les résultats de ce travail suggèrent cependant que les femmes souffrant de lupus ayant été victimes d’une complication à type de mort fœtale lors de leur première grossesse, peuvent raisonnablement envisager une seconde grossesse, la chance évaluée d’avoir un enfant vivant approchant les 90 %.



Dr Juliette Lasoudris-Laloux


Shand AW et coll. : Second pregnancy outcomes for women with systemic lupus erythematosus. Ann Rheum Dis., 2012, publication avancée en ligne le 29 juin.


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