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Cystatine C + créatinine : plus près du DFG

Publié le 23/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La cystatine C est une protéine de 122 acides aminés impliquée entre autre dans la modulation du système immunitaire. Elle est produite de façon constante par les cellules nucléées de l’organisme, librement filtrée au niveau glomérulaire et entièrement réabsorbée et dégradée dans le tubule proximal, sans clairance urinaire. Etant sans rapport avec la masse musculaire, la concentration plasmatique de la cystatine C ne semble dépendre que du débit de filtration glomérulaire (DFG). Elle s’est donc présentée depuis plusieurs années comme un nouveau marqueur biologique permettant d’évaluer la fonction rénale, en particulier dans les cas où les formules basées sur la créatinine étaient limitées, c'est-à-dire dans les situations où le rapport entre le poids et la masse musculaire est modifié.

Il a déjà été démontré que chez le sujet âgé indemne d’insuffisance rénale chronique patente, la cystatine C était plus sensible que la créatinine pour prédire le risque cardiovasculaire et rénal à long terme. Cependant, les équations utilisant la cystatine C que l'on a mises au point n’étaient pas plus précises pour estimer le DFG que les formules utilisant la créatinine. Cette donnée, le coût plus élevée de ce dosage et sa moindre disponibilité explique l’utilisation limitée de ce nouveau marqueur.

D’équation en équation

The Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration (CKD-EPI) a mené une étude pour évaluer l’utilité d’une nouvelle équation utilisant à la fois les concentrations de la créatinine et de la cystatine C pour évaluer le DFG. Cette formule complexe doit être adaptée au sexe et aux taux de créatinine et de cystatine C et tient compte de ces taux, de l'âge et de l'ethnie (blanc ou noir). Elle peut-être consultée sur le site du New England Journal of Medicine. Pour le développement de cette équation, cette équipe s'est servie  des données provenant de patients participant à 13 études (soit 5352 sujets). La formule a ensuite été évaluée chez 1119 malades participants à 5 études dans lesquelles le DFG avait été mesuré. La nouvelle équation a été comparée à une précédente formule du CKD-EPI ne s'appuyant que sur la cystatine C, et à une équation du CKD-EPI utilisant la créatinine parue en mai 2009 dans les Annales de Médecine Interne (Ann Intern Med. 2011;155[6]:408.).

  Tableau 1. Pour le voir cliquez ici

Les 3 équations ont présenté une différence similaire avec le DFG mesuré par une méthode de référence (médiane de la différence entre 3,4 et 3,9 ml/mn/1,73m2 selon les formules) mais la nouvelle équation s’est avérée plus précise (intervalle interquartile de la différence entre la valeur mesurée et estimée de 13,4 ml/mn/1,73m2 pour l’équation cystatine-créatinine contre respectivement 15,4 et 16,4 pour les formules créatinine et cystatine seules ).

Y a-t-il une place pour la cystatine C ?

L’étude présente certaines limites : elle ne comprenait pas de patients dénutris, de transplantés rénaux, ni de malades appartenant à des minorités ethniques (à l'exception des noirs). Par ailleurs, la nouvelle équation a été comparée à une équation récente du CKD-EPI. Bien que jugée supérieure à MDRD (Modification of the Diet in Renal Disease), il faut reconnaître que la formule du CKD-EPI n’est pratiquement pas utilisée en pratique clinique courante, supplantée par le MDRD, voire souvent par la formule de Cockcroft.

Les auteurs reconnaissent que la cystatine C ne remplacera pas la créatinine en pratique courante, mais suggèrent que cette nouvelle formule (très complexe) puisse être utilisée en tant que test de confirmation pour les patients présentant un DFG estimé autour du seuil de 60 ml/mn/1,73m2 (entre 45 et 74 ml/mn/1,73m2).



Dr Alexandre Haroche


Inker LA et coll.: Estimating glomerular filtration rate from serum creatinine and cystatin C. N Engl J Med 2012; 367: 20-29.




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