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Associer de la vitamine K2 au bisphosphonate pour un os de meilleure qualité ?

Publié le 23/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La solidité du squelette n’est pas seulement une affaire de densité osseuse. La qualité de l’os compte aussi, pour environ 30 %, incluant la structure, le turnover, les microfractures et la minéralisation du tissu osseux. Les bisphosphonates ont montré qu’ils amélioraient la densité osseuse, mais ils n’ont pas prouvé leur efficacité sur la qualité de l’os.

L’ostéocalcine, protéine spécifique vitamine K-dépendante serait impliquée dans le maintien d’une bonne qualité de la substance osseuse. Elle doit toutefois être préalablement γ-carboxylée par la ménatétrénone (VitK2). En l’absence de γ-carboxylation, l’osétocalcine est dosable dans le sang sous sa forme non-carboxylée.

Une équipe japonaise a eu l’idée d’évaluer l’efficacité de la ménatétrénone associée à l’alendronate sur le risque de fractures de patientes ménopausées atteintes de polyarthrite rhumatoïde. Ces malades cumulent en effet plusieurs facteurs de risque d’ostéoporose: la polyarthrite elle-même, les traitements corticoïdes et la ménopause.

Au total 62 patientes ont été incluses. Elles présentaient toutes une ostéopénie ou une ostéoporose mais n’étaient pas encore traitées. Parmi elles, 32 avaient un taux élevé d’ostéocalcine non carboxylée (>4,5 ng/ml) et ont alors reçu un traitement associant 35 mg d’alendronate par semaine et 45 mg/jour de VitK2. Les autres (n=23) avaient un taux normal d’ostéocalcine non carboxylée (≤ 4,5 ng/ml) et recevaient de l’alendronate seul (35 mg/ semaine). L’efficacité clinique du traitement a été évaluée au bout d’un an.

Pendant cette année de suivi, seule 1 patiente du groupe traitement combiné a présenté une fracture vertébrale et du col du fémur, contre 3 patientes de l’autre groupe, deux fractures vertébrales et un du col fémoral. Cette faible incidence rend le résultat non statistiquement significatif.

Sans preuve formelle au niveau clinique, il est alors tentant de se pencher sur les modifications survenues sur les marqueurs biologiques. La densité minérale osseuse au niveau du rachis lombaire a augmenté significativement dans les deux groupes, de 14,6 % dans le groupe traitement combiné et de 10,1 % dans l’autre groupe, alors que le changement n’est significatif au col fémoral que pour le groupe traitement combiné. Au niveau sérique, le traitement combiné est aussi associé à une normalisation des taux d’ostéocalcine non carboxylée  et l’examen des marqueurs du métabolisme osseux montre que si ce dernier est diminué dans les deux groupes, il l’est plus significativement dans le groupe combiné. Des essais de plus grande ampleur sont attendus avec intérêt.



Dr Roseline Péluchon


Suzuki K et coll. : Clinical results of alendronate monotherapy and combined therapy with menatetrenone (VitK2) in postmenopausal RA patients.
Mod Rheumatol., 2012; publication avancée en ligne le 13 juin. DOI 10.1007/s10165-012-0678-x




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