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Les antibiotiques : c’est vraiment pas automatique !

Publié le 28/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une nouvelle étude (J.M. Garbutt et coll. JAMA 2012) vient conforter l’attitude préconisée par les autorités sanitaires américaines et européennes concernant l’inutilité de la prescription d’antibiotiques dans le cadre des infections rhino-sinusiennes aiguës non compliquées.

Les patients ne décrivent pas d’amélioration significative des signes cliniques ou de la durée d’évolution quand un antibiotique, en l’occurrence l’amoxicilline sur une durée de 10 jours, est ajouté au simple traitement symptomatique associant antalgiques, antipyrétiques et décongestionnants.

En accord avec les recommandations d’un panel d’experts du Center of Diseases Control and Prevention, l’étude a inclus 162 patients, vus en consultation de ville par leur médecin traitant, présentant des signes cliniques (douleurs et pesanteur faciale, rhinorrhée purulente évoluant entre 7 et 28 jours) évocateurs de sinusite. Les patients présentant des signes de sinusite chronique ou de sinusite compliquée (otite ou infection bronchopulmonaire) étaient exclus pour bénéficier d’un traitement adapté.

L’évaluation principale était réalisée à J0, J3, J7, J10 et J28 grâce à un questionnaire spécifique mesurant l’altération de qualité de vie induite par les troubles rhinologiques (Sinonasal Outcome Test-16 : SNOT-16). Les critères secondaires étaient : la récidive des troubles, la consommation de médicaments à visée symptomatique et le nombre de journées de travail manquées.

Les résultats sont sans appel. Si à J3 et J7 les patients bénéficiant du traitement antibiotique décrivent certes une diminution significative des symptômes par rapport au groupe placebo, mais avec une variation si faible (-0,19 point de différence entre les deux groupes à J7) que sa signification clinique est plus que douteuse, dès J10 et jusqu’à J28 plus aucune différence n’est retrouvée entre les deux groupes pour tous les critères d’évaluation.

On soulignera également qu’à J10, environ 80 % des patients des deux groupes se déclarent fortement soulagés ou guéris de leurs symptômes rhinologiques confirmant que la rhino-sinusite aiguë, souvent d’origine virale, a bien une forte tendance spontanée à la guérison.

Les auteurs préconisent donc une attitude de type « watchful waiting», avec la prescription d’un simple traitement symptomatique, face à cette situation de consultation courante qui constituerait aux États-Unis environ 1/5 de toutes les prescriptions, manifestement injustifiées, d’antibiotiques.

Ils espèrent également que ce travail de recherche pourra être utilisé par tous les praticiens, face à des patients souvent très demandeurs, comme explication du refus de proposer en première intention la prescription d’un antibiotique pour une pathologie qui ne le justifie pas. Et que ceci pourra éviter à terme le risque d’émergence de résistances bactériennes.



Dr Alain Londero


Garbutt JM et al.Amoxicillin for acute rhinosinusitis: a randomized controlled trial. JAMA 2012 ; 307 : 685-92.



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Vos réactions

Oser faire de l'EBM

Le 31 juillet 2012

Pourquoi etre aussi précautionneux dans le rapport de cet article : je cite "mais avec une variation si faible (-0,19 point de différence entre les deux groupes à J7) que sa signification clinique est plus que douteuse" oser dire simplement: résultat non significatif au lieu de plus que douteux!
"a bien une forte tendance spontanée à la guérison."
pourquoi une forte tendance? Osez dire guérit spontanément!
Pourquoi quand les sujets vont à l'encontre des idées reçues vous avez tant de mal à dire les choses clairement alors que lorqu'elles vont dans leur sens vous les appuyé sans problème. Osez faire de L'evidence base medecine si les resultats sont non significatifs c'est donc qu'il le sont, si vous emettez un doute expliquez nous pourquoi (nombre de patients insuffisants, biais dans l'étude...)
Merci pour vos article et l'épluchage de la presse scientifique mais faite le jusqu'au bout.

Dr Claire Gallon

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