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Syndrome coronaire aigu : la fibrillation auriculaire est de mauvais pronostic à long terme

Publié le 26/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une fibrillation auriculaire (FA) peut se développer lors d’un syndrome coronaire aigu (SCA) et à l’inverse un SCA peut survenir chez un patient en FA.

Mais le type de la FA peut-il avoir une influence sur le pronostic du SCA ?

C’est ce qu’ont essayé de déterminer Poçi et coll. dans une étude menée chez 2 335 patients consécutifs qui présentaient un SCA ; 442 d’entre eux (soit 19 % ; âge moyen : 71± 8 ans [67 à 76 ans] ; femmes : 32 %) avaient une FA.

La FA  a été classée en 4 sous-groupes : FA connue persistante ou permanente (n=54), FA connue paroxystique (n=150), FA nouvelle lors de l’admission (n=54) et FA nouvelle lors de l’hospitalisation (n=184).

Des différences statistiquement significatives ont été notées entre les différents sous –groupes quant à l’incidence d’antécédents d’insuffisance cardiaque (p <0,0001), d’accident vasculaire cérébral [AVC] (p= 0,04), d’infarctus du myocarde [IDM] (p <0,0001), d’angor (p <0,0001), d’hypercholestérolémie (p= 0,007), de pontage aorto-coronaire (p <0,0001), et de procédures interventionnelles (p= 0,03).

C’est ainsi que la plus forte proportion d’insuffisances cardiaques (soit 39 %) était signalée en cas de FA connue persistante ou permanente ; tandis que IDM , angor et hypercholestérolémie étaient plus fréquents en cas de FA paroxystique connue (présents chez respectivement 42 %,71 % et 35 % des patients). L’incidence d’antécédents d’AVC était la plus élevée (20 %) dans le sous –groupe des FA connues persistantes ou permanentes et la plus faible (8 %) dans celui des FA nouvelles lors de l’admission.

La mortalité au 30e  jour différait significativement entre les sous-groupes (p = 0,02) ; elle était la plus basse dans le sous –groupe des FA paroxystiques connues (7,3 %).

La mortalité à 10 ans s’est échelonnée entre 53 % à 78 % dans les différents sous-groupes ; 5 facteurs se sont avérés être prédictifs de la mortalité à long-terme : l’ âge (hazard ratio [HR] 1,06 ; intervalle de confiance à 95 % [IC 95]: 1,04 à 1,09 ; p<0,0001), des antécédents d’IDM (HR 1,4 ; IC 95 : 1,0 à 1,8 ; p= 0,04), d’insuffisance cardiaque (HR 1,8 ; IC 95 % : 1,3 à 2,4 ; p= 0,0002), de diabète (HR 1,7 ; IC 95 % : 1,2 à 2,2 ; p= 0,0005) et de tabagisme (HR 1,7 ; IC 95 % : 1,2 à 2,3 ; p= 0,001).

En conclusion, quelle que soit sa présentation, la FA devrait être considérée comme un important facteur de risque chez les patients présentant un SCA. En effet, comme le montre cette étude , si les caractéristiques des patients et la mortalité au 30e jour différent significativement entre les différents sous-groupes de FA , en revanche, la mortalité à long-terme (10 ans) est pratiquement doublée par la présence d’une FA quel que soit son type.



Dr Robert Haïat


Poçi D et coll.: Effect of new versus known versus no atrial fibrillation on 30-day and 10-year mortality in patients with acute coronary syndrome. Am J Cardiol., 2012; 110: 217–221


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