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Difficile de prédire l’apparition d’une fibromyalgie secondaire dans la polyarthrite rhumatoïde

Publié le 26/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une fibromyalgie secondaire (FMS) est fréquente chez les malades atteints de rhumatisme inflammatoire chronique. Elle touche 14 à 20 % des sujets souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR).
L’évolution de la fibromyalgie chez ces patients est mal connue. Quels en sont les facteurs déclenchants ? Sur quel terrain survient –elle ? Une intervention thérapeutique rapide durant la « fenêtre d’opportunité » chez les malades atteints de polyarthrite précoce en diminue-t-elle l’incidence ?

Cette étude américaine a été menée chez 1 487 malades issus d’une cohorte prospective observationnelle canadienne d’arthrites précoces (CATCH).

Les participants ont été suivis tous les 3 mois, la première année, puis tous les 6 mois l’année suivante, puis tous les ans.

Le diagnostic de FMS était basé sur le jugement clinique des rhumatologues investigateurs.

Soixante-huit malades avaient une FMS dès l’entrée dans CATCH. Comparés aux malades sans FM, les malades avec FMS prévalente avait une PR plus ancienne (médiane 7,2 vs 5,5 mois, p=0,008), un score HAQ (Health Assessment Questionnaire) plus élevé (médiane 1,4 vs 0,9 p ≤ 0,0001) et une EVA douleurs plus haute (6,vs 5,5 , p=0,02). En revanche, leur score d’activité DAS-28 n’était pas statistiquement différent (5,4 vs 4,9, p=0,06).

Durant le suivi (moyenne 16,3 mois, maximum 72 mois), 74 participants (6,2 %) ont développé une FMS.

L’incidence cumulée de FMS était de 5,9 % à 12 mois puis de 9,2 % à 36 mois. Le taux d’incidence cumulée était le plus haut au cours des 12 premiers mois après le diagnostic d’arthrite (6,77 cas pour 100 années personnes) et il a diminué à 3,58 cas par 100 années-personnes au cours de la 2e année.

Dans le sous groupe des malades qui remplissaient les critères ACR/EULAR 2010 de classification de la PR, la prévalence de FM à l’entrée était de 5,2 %, l’incidence cumulée de 6,6 % à 12 mois et de 9,3 % à 36 mois.

En analyse multivariée, une douleur importante (EVA ≥ 4 (Hazard Ratio [HR] : 2,01 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 1,17 à 3,46) et une faible santé mentale (score SF12 ≤ 35 (HR 1,99 ; IC95 : 1,09 à 3,62) étaient significativement associées avec un diagnostic clinique de FMS. Par contre, la positivité des anticorps anti CCP était négativement associée au diagnostic de FMS.

Compte tenu des limitations évidentes en matière de diagnostic de la FMS, ces résultats sont à prendre avec des pincettes. Des études sont nécessaires pour mieux comprendre le mécanisme d’apparition des syndromes fibromyalgiques au cours des rhumatismes inflammatoires.



Dr Juliette Lasoudris-Laloux


Lee YC et coll. : Incidence and predictors of secondary fibromyalgia in an early arthritis cohort. Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 11 juillet.


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