Un décret durcissant la réglementation pour les cabines UV
devrait être signé prochainement par le gouvernement français. A
juste titre, si l’on en croit une étude publiée cette semaine par
le BMJ (British Medical Journal). Il s’agit d’une méta-analyse
incluant 27 études observationnelles évaluant le risque de cancer
cutané (mélanome, carcinome épidermoïde, carcinome baso-cellulaire)
en lien avec la fréquentation des cabines de bronzage.
Les études s’étalent sur les 30 dernières années, période au
cours de laquelle cette fréquentation a connu un gain considérable
de popularité, non seulement dans les pays du nord de l’Europe et
aux Etats-Unis, mais aussi dans des pays ayant pourtant un taux
conséquent d’ensoleillement.
La conclusion est sans appel : le risque de cancer cutané
augmente de 20 % chez les adeptes du bronzage artificiel (Risque
Relatif : 1,20 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,08 à 1,34). Le
risque de mélanome est même presque doublé quand la fréquentation
des cabines commence avant l’âge de 35 ans. Un effet-dose apparaît,
avec une augmentation de 1,8 % du risque pour chaque série annuelle
de séances.
La fréquentation des cabines de bronzage serait ainsi
responsable de 3 438 mélanomes (5,4 %) parmi les 63 942 nouveaux
cas diagnostiqués chaque année dans 18 pays européens et d’environ
800 décès annuels par mélanome. Les femmes paient le plus lourd
tribut, avec 2 341 nouveaux cas chaque année et 498 décès.
Les auteurs préconisent des mesures plus radicales de
prévention. L’OMS, la Commission internationale sur la
radioprotection non ionisante et la Société européenne pour la
prévention des cancers de la peau ont déjà recommandé d’interdire
la fréquentation des cabines de bronzage aux moins de 18 ans ainsi
que le retrait des appareils non contrôlés. Les auteurs de la
méta-analyse semblent douter que de telles mesures soient
suffisantes et vont jusqu’à préconiser, en cas d’insuffisance, des
mesures d’interdiction pure et simple des cabines de bronzage,
interdiction déjà effective au Brésil depuis novembre 2009. C’est
aussi l’avis de la mission d’information du Sénat, rendu public au
début du mois de juillet.
Dr Roseline Péluchon
Boniol M et coll. : Cutaneous melanoma attributable to sunbed use: systematic review and meta-analysis. BMJ 2012; 345: e4757.
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