> Accueil JIM > Bronzage artificiel : pas le paradis !

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Bronzage artificiel : pas le paradis !

Publié le 27/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Un décret durcissant la réglementation pour les cabines UV devrait être signé prochainement par le gouvernement français. A juste titre, si l’on en croit une étude publiée cette semaine par le BMJ (British Medical Journal). Il s’agit d’une méta-analyse incluant 27 études observationnelles évaluant le risque de cancer cutané (mélanome, carcinome épidermoïde, carcinome baso-cellulaire) en lien avec la fréquentation des cabines de bronzage.

Les études s’étalent sur les 30 dernières années, période au cours de laquelle cette fréquentation a connu un gain considérable de popularité, non seulement dans les pays du nord de l’Europe et aux Etats-Unis, mais aussi dans des pays ayant pourtant un taux conséquent d’ensoleillement.

La conclusion est sans appel : le risque de cancer cutané augmente de 20 % chez les adeptes du bronzage artificiel (Risque Relatif : 1,20 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,08 à 1,34). Le risque de mélanome est même presque doublé quand la fréquentation des cabines commence avant l’âge de 35 ans. Un effet-dose apparaît, avec une augmentation de 1,8 % du risque pour chaque série annuelle de séances.

La fréquentation des cabines de bronzage serait ainsi responsable de 3 438 mélanomes (5,4 %) parmi les 63 942 nouveaux cas diagnostiqués chaque année dans 18 pays européens et d’environ 800 décès annuels par mélanome. Les femmes paient le plus lourd tribut, avec 2 341 nouveaux cas chaque année et 498 décès.

Les auteurs préconisent des mesures plus radicales de prévention. L’OMS, la Commission internationale sur la radioprotection non ionisante et la Société européenne pour la prévention des cancers de la peau ont déjà recommandé d’interdire la fréquentation des cabines de bronzage aux moins de 18 ans ainsi que le retrait des appareils non contrôlés. Les auteurs de la méta-analyse semblent douter que de telles mesures soient suffisantes et vont jusqu’à préconiser, en cas d’insuffisance, des mesures d’interdiction pure et simple des cabines de bronzage, interdiction déjà effective au Brésil depuis novembre 2009. C’est aussi l’avis de la mission d’information du Sénat, rendu public au début du mois de juillet.



Dr Roseline Péluchon


Boniol M et coll. : Cutaneous melanoma attributable to sunbed use: systematic review and meta-analysis. BMJ 2012; 345: e4757.




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions