L’ovariectomie n’est pas une intervention commune en chirurgie
pédiatrique : même dans les centres les plus importants ce geste ne
représente que 0,1 % de toutes les opérations pratiquées. Les
pathologies qui y conduisent sont diverses et de présentation
clinique variée. Cependant la plupart des études se sont focalisées
sur les torsions ovariennes aiguës qui peuvent ou non être
associées à des lésions préexistantes et l’on dispose de peu de
données sur l’éventail des indications de l’ovariectomie chez
l’enfant.
C’est pourquoi des chirurgiens pédiatriques de l’université de
Hong Kong ont revu leurs dossiers collectés pendant 16 ans
(1995-2008) et ont retrouvé 41 cas d’ovariectomie isolée ou non.
Ces filles avaient un âge médian de 11 ans (3 semaines-15 ans).
Seules 4 patientes étaient asymptomatiques : pour 3 le diagnostic
de pathologie ovarienne avait été ante natal et pour l’une avait
été posé fortuitement au cours de l’exploration échographique d’une
anomalie des voies urinaires.
Chez 20 enfants (48,8 %), le signe d’appel avait été une douleur
abdominale aiguë basse, 14 présentant également des vomissements
et/ ou de la fièvre. Pour les 17 autres patientes, les symptômes
révélateurs étaient chroniques : distension abdominale (n= 13),
douleur chronique (>2 mois n=3), règles irrégulières (n=1).
L’examen a montré une masse abdominale basse palpable 19 fois (46,3
%).
La radiographie abdominale a révélé des calcifications 5
fois sur 33, l’échographie une pathologie ovarienne 30 fois sur 31
mais une torsion n’a été vue que 2 fois. Le scanner (n=18) ou l’IRM
(n=1) ont montré une pathologie ovarienne 19 fois. Dans 4 cas, la
pathologie ovarienne a été découverte à l’intervention pour
appendicite présumée. La pathologie ovarienne était unilatérale 40
fois et bilatérale 1 fois. Une torsion de l’ovaire a été constatée
20 fois, chez 19 filles souffrant de douleurs aiguës et chez une
des 17 avec symptomatologie chronique. Deux des nourrissons dont
les lésions kystiques avaient été découvertes in utero, avaient eu
une torsion aboutissant à la perte de l’ovaire.
L’intervention a été faite par laparoscopie pour 32 patientes et
chirurgie ouverte pour les 9 autres dont 8 secondairement en raison
du volume des lésions. Sur 42 pièces opératoires prélevées chez les
41 patientes, l’examen histologique a révélé 11 lésions non
tumorales et 31 tumorales bénignes ou malignes. Sur les 6 cas de
torsions ovariennes de découverte post natale, 6 avaient un kyste
associé et 2 aucune lésion préexistante. Parmi les 31 lésions
tumorales, 22 étaient bénignes et 9 malignes ; une enfant avait des
lésions bilatérales : cystoadénome d’un côté et tératome de
l’autre. Vingt-quatre des 31 tumeurs avaient pour origine des
cellules germinales : 16 étaient des tératomes matures bénins et 8
des néoplasmes, ( tératome immature et autres). Ces tumeurs
malignes s’étaient signalées plus souvent par des symptômes
chroniques avec moins fréquemment de torsion que les tumeurs
bénignes (10/20 torsions contre 2/9 ; p<0,05).
En conclusion, les symptômes abdominaux aigus ou chroniques de
la partie inférieure de l’abdomen chez la petite fille et
l’adolescente doivent faire évoquer la possibilité d’une pathologie
ovarienne.
Pr Jean-Jacques Baudon
Shan Wong Y et coll. : Oophorectomy in children. Who and why: 13-year experience in a single centre. J Ped Child Health., 2012; 48: 600-3
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