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Ovariectomie dans l’enfance : pour quelles indications ?

Publié le 27/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’ovariectomie n’est pas une intervention commune en chirurgie pédiatrique : même dans les centres les plus importants ce geste ne représente que 0,1 % de toutes les opérations pratiquées. Les pathologies qui y conduisent sont diverses et de présentation clinique variée. Cependant la plupart des études se sont focalisées sur les torsions ovariennes aiguës qui peuvent ou non être associées à des lésions préexistantes et l’on dispose de peu de données  sur l’éventail des indications de l’ovariectomie chez l’enfant.

C’est pourquoi des chirurgiens pédiatriques de l’université de Hong Kong ont revu leurs dossiers collectés pendant 16 ans (1995-2008) et ont retrouvé 41 cas d’ovariectomie isolée ou non. Ces filles avaient un âge médian de 11 ans (3 semaines-15 ans). Seules 4 patientes étaient asymptomatiques : pour 3 le diagnostic de pathologie ovarienne avait été ante natal et pour l’une avait été posé fortuitement au cours de l’exploration échographique d’une anomalie des voies urinaires.

Chez 20 enfants (48,8 %), le signe d’appel avait été une douleur abdominale aiguë basse, 14 présentant également des vomissements et/ ou de la fièvre. Pour les 17 autres patientes, les symptômes révélateurs étaient chroniques : distension abdominale (n= 13), douleur chronique (>2 mois n=3), règles irrégulières (n=1). L’examen a montré une masse abdominale basse palpable 19 fois (46,3 %).

La radiographie abdominale  a révélé des calcifications 5 fois sur 33, l’échographie une pathologie ovarienne 30 fois sur 31 mais une torsion n’a été vue que 2 fois. Le scanner (n=18) ou l’IRM (n=1) ont montré une pathologie ovarienne 19 fois. Dans 4 cas, la pathologie ovarienne a été découverte à l’intervention pour appendicite présumée. La pathologie ovarienne était unilatérale 40 fois et bilatérale 1 fois. Une torsion de l’ovaire a été constatée 20 fois, chez 19 filles souffrant de douleurs aiguës et chez une des 17 avec symptomatologie chronique. Deux des nourrissons dont les lésions kystiques avaient été découvertes in utero, avaient eu une torsion aboutissant à la perte de l’ovaire.

L’intervention a été faite par laparoscopie pour 32 patientes et chirurgie ouverte pour les 9 autres dont 8 secondairement en raison du volume des lésions. Sur 42 pièces opératoires prélevées chez les 41 patientes, l’examen histologique a révélé 11 lésions non tumorales et 31 tumorales bénignes ou malignes. Sur les 6 cas de torsions ovariennes de découverte post natale, 6 avaient un kyste associé et 2 aucune lésion préexistante. Parmi les 31 lésions tumorales, 22 étaient bénignes et 9 malignes ; une enfant avait des lésions bilatérales : cystoadénome d’un côté et tératome de l’autre. Vingt-quatre des 31 tumeurs avaient pour origine des cellules germinales : 16 étaient des tératomes matures bénins et 8 des néoplasmes, ( tératome immature et autres). Ces tumeurs malignes s’étaient signalées plus souvent par des symptômes chroniques avec moins fréquemment de torsion que les tumeurs bénignes (10/20 torsions contre 2/9 ; p<0,05).

En conclusion, les symptômes abdominaux aigus ou chroniques de la partie inférieure de l’abdomen chez la petite fille et l’adolescente doivent faire évoquer la possibilité d’une pathologie ovarienne.



Pr Jean-Jacques Baudon


Shan Wong Y et coll. : Oophorectomy in children. Who and why: 13-year experience in a single centre. J Ped Child Health., 2012; 48: 600-3


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