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Fragilité et vulnérabilité avec un handicap intellectuel

Publié le 27/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les professionnels de santé qui prennent en charge les patients souffrant d’un déficit intellectuel (DI) ont souvent l’impression que ceux-ci sont victimes d’un vieillissement précoce. Mais qu’en est-il objectivement ?
Huit cent quarante-huit patients de 50 ans et plus, en collectivité, indépendants ou en famille, ont été recrutés dans 3 services hollandais spécialisés dans le handicap ; 51 % étaient des hommes, 31 % avaient 65 ans et plus, 18 % 70 ans et plus. Les critères CHS (Cardiovascular Health Study) ont été utilisés pour définir la fragilité (3 et plus) et la vulnérabilité (1 ou 2), à savoir : la perte de poids (MNA), la force d’agrippement (dynamométrie), la vitesse de marche confortable (3 parcours de 5 m), l’activité physique (podomètre sur 14 jours), la limitation de l’endurance et l’épuisement (échelle anxiété, dépression, humeur). Les sujets pour lesquels 3 critères ont pu être évalués ont été inclus, l’analyse de tous les items n’ayant pas été possible chez l’ensemble des participants.

La cause du DI était inconnue dans 673 cas ; une trisomie 21 était présente chez 14 % des patients. 74 participants étaient déments, dont 47 des patients trisomiques. Le niveau du DI allait de léger chez 26 % à profond chez 22 %. Quatorze pour cent des sujets nécessitaient une aide à la marche et 13 % se déplaçaient en fauteuil roulant. Vingt-sept pour cent des sujets de l’ensemble de la population ont été classés en « robustes », 60 % en vulnérables et 13 % en fragiles. Les fragiles représentaient 11 % des 50-64 ans, 18 % des 65 ans et plus, et 21 % des 70 ans et plus. Parallèlement, la part des patients dits « robustes » baissait à 13 % chez les plus de 70 ans. Quatre pour cent des sujets ont présenté une perte de poids, 53 % une diminution de la force d’agrippement, 17 % un épuisement, 33 % un ralentissement de la marche et 60 % une limitation de l’activité physique. Des associations significatives ont été mises en évidence avec la démence, la sévérité du DI, le type de prise en charge. Un lien statistique a été retrouvé entre trisomie 21 et vulnérabilité. Le handicap moteur a été associé à la fragilité (risque multiplié par 9,8) ainsi que l’âge (risque 1,7 fois supérieur chez les 65 ans et plus).

La prévalence de la fragilité chez les sujets de 65 ans et plus souffrant de DI (18 %) est 2 fois supérieure à celle de la population générale où elle apparaît principalement après 75 ans. Les observations manquantes limitent la portée de l’étude : les exclus pour ce motif étant les plus handicapés, la prévalence de la fragilité est donc vraisemblablement sous-estimée. La population de l’étude n’était en outre pas complétement représentative des patients DI de plus de 50 ans.

La gradation déficience motrice, perte musculaire, sarcopénie pourrait constituer le lien entre DI et fragilité. La valeur prédictive des critères de fragilité par rapport aux pathologies et à la dépendance doit être étudiée.



Dr Anne Bourdieu


Evenhuis HE et coll. : Frailty and disability in older adults with intellectual disabilities: results from the healthy ageing and intellectual disability study. J Am Geriatr Soc., 60: 934-938, 2012




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