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Pour le diagnostic de maladie de Horton, la clinique prime sur la biopsie temporale

Publié le 27/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La biopsie de l’artère temporale est classiquement l’élément clé du diagnostic de l’artérite à cellules géantes décrite par Horton en 1932, maladie qui expose à la survenue d’une cécité irréversible ou d’un accident vasculaire cérébral.

Cependant, il arrive souvent que le traitement de cette artérite temporale soit initié sur les seules données cliniques et que, dès lors, les résultats de la biopsie n’influencent pas la prise en charge du patient.

Quelle est donc la place de la biopsie de l’artère temporale quand on suspecte une maladie de Horton (MH)?

Pour répondre à cette interrogation, Quinn et coll. ont analysé rétrospectivement 185 biopsies temporales effectuées dans leur établissement entre 1990 et 2010. Ils ont revu les dossiers cliniques des patients en portant une attention particulière à la vitesse de sédimentation des hématies, au traitement préopératoire par corticostéroïdes, au score diagnostique de MH établi selon les critères définis par l’American College of Rheumatology (ACR) (Arthritis Rheum 1990;33:1122-8), aux résultats de la biopsie et aux données du suivi.

Il apparaît que 58 biopsies (31,4 %) étaient positives. La présence d’une claudication des masséters (p= 0,001), d’anomalies du fond d’œil (p= 0,001) et d’une vitesse de sédimentation élevée (p= 0,001) étaient significativement associées à la présence d’une MH.

Mais c’est surtout la valeur du score ACR, évalué avant la biopsie, qui était le plus fortement associée à un résultat histologique positif (p < 0,001). C’est ainsi que la biopsie temporale s’est avérée négative chez les 24 patients (13,7 %) dont le score ACR préopératoire n’était pas en faveur d’une MH. Selon les critères de l’ACR, avant biopsie, un score < 2 exclut une ACG avec une sensibilité de 100 %, tandis qu’un score > 3 affirme le diagnostic avec une spécificité de 100 %.
Globalement, les résultats de la biopsie ont desservi la prise en charge de 29 patients (16,4 %).

En conclusion, cette étude confirme que la biopsie temporale ne modifie pas la gestion de la majorité des patients suspectés d’avoir une MH. Elle n’a d’intérêt que chez les seuls patients qui, à l’état basal, ont un score ACR 2 ou 3.

En conséquence, les auteurs proposent l’algorithme diagnostique suivant: score ACR 1, pas de biopsie et envisager un autre diagnostic ; score ACR 4, pas de biopsie et traiter comme une MH ; score ACR 2, biopsie puis, si elle est négative envisager un autre diagnostic, et si elle est positive traiter comme une MH ; enfin, score ACR 3, traiter comme une MH et faire une biopsie : si elle est positive traiter comme une MH et si elle est négative, la décision doit être clinique, fonction de la réponse au traitement par les corticostéroïdes.



Dr Robert Haïat


Quinn EM et coll.: Temporal artery biopsy is not required in all cases of suspected giant cell arteritis. Ann Vasc Surg., 2012; 26: 649–654.




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