Les statines ont constitué une grande avancée dans la maîtrise
du risque cardiovasculaire.
Il n’en demeure pas moins que les patients traités par une
statine conservent un risque cardiovasculaire important. Le risque
de décès à 5 ans serait de l’ordre de 20 % en prévention
secondaire.
L’idée à la base d’une nouvelle mouture des données de l’étude
JUPITER était de chercher à déterminer les éléments métaboliques
pouvant expliquer le risque résiduel de patients pourtant
considérés comme étant « bien traités » par une statine.
Rappelons que JUPITER a concerné la prévention primaire (et par
conséquent des sujets sans antécédents cardiovasculaires) et sans
diabète ni hypercholestérolémie (LDL < 1,3 g/l) ; les patients
inclus avaient « seulement » une CRP ≥ 2 mg/l.
N’ont été revues ici que les données des patients du groupe
ayant reçu chaque jour 20 mg de rosuvastatine.
Après ajustement, les analyses indiquent finalement que le
risque résiduel d’événements cardiovasculaires semble pouvoir
s’expliquer tout autant par le niveau du LDL-cholestérol (LDL-C ;
hazard ratio ajusté [HR] : 1,31 ; intervalle de confiance à 95 %
[IC] : 1,09-1,56) que par celui du non-HDL-cholestérol (non-HDL-C ;
HR : 1,25 ; IC : 1,04-1,50) ou par celui de l’Apolipoprotéine B (HR
: 1,27 ; IC : 1,06-1,53) ou encore par le niveau des différents
ratios : cholestérol total/ HDL-C (HR : 1,22 ; IC : 1,03-1,44) ;
LDL-C/HDL-C (HR : 1,29 ; IC : 1,09-1,52) ; Apolipoprotéine B/A1 (HR
: 1,27 ; IC : 1,09-1,49).
Le risque résiduel semble se réduire significativement pour un
LDL-C au dessous de 0,7 g/l, un non-HDL-C au dessous de la barre de
1 g/l, ou encore pour une Apolipoprotéine B à moins de 0,8
g/l.
En revanche, le niveau de triglycérides sous traitement ne
semble pas, chez les patients étudiés ici, avoir d’influence
sur le risque cardiovasculaire résiduel.
A méditer…
Dr Olivier Meillard
Mora S et coll. On-treatment non-high-density lipoprotein cholesterol, apolipoprotein B, triglycerides, and lipid ratios in relation to residual vascular risk after treatment with potent statin therapy. J Am Coll Cardiol., 2012; 59:1121-8
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