Les stimulants du système nerveux central utilisés pour le
traitement des troubles du déficit de l’attention avec
hyperactivité (TDAH) sont soupçonnés d’être à l’origine d’accidents
cardiaques graves, voire mortels par leur action sur le rythme
cardiaque et la pression artérielle. Les résultats des travaux sur
ce point sont toutefois contradictoires et chaque nouvelle
publication est examinée avec intérêt.
C’est le cas d’une étude rétrospective de cohorte, réalisée aux
Etats-Unis et publiée récemment par le British Medical
Journal, incluant plus de 1 million d’enfants et adolescents
souffrant d’un TDAH. Parmi eux 386 584 avaient eu au moins une
prescription de stimulants du système nerveux central
(méthylphénidate ou sels mixtes d’amphétamine). Le suivi s’étendait
sur plus de 2 millions personnes-années. Au cours de ce suivi, 66
décès par mort subite, accident vasculaire cérébral ou infarctus
ont été dénombrés, avec un taux d’incidence ajusté de 2,2 pour 100
000 patients sous traitement stimulant, non significativement
différent du taux constaté chez les enfants non traités (OR ajusté
0,62 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,27 à 1,44). Vingt-six
accidents sont répertoriés chez des enfants à haut risque, sans que
là non plus la différence ne soit significative entre les enfants
traités ou non traités.
Reconnaissant que les études observationnelles sont toujours
susceptibles d’être biaisées, les auteurs estiment toutefois que la
faible incidence observée, inférieure à 3 pour 100 000,
fournit l’assurance d’un risque absolu faible lui aussi.
Ces résultats ne concernent que des traitements de courte durée
et la question reste posée pour les enfants prenant des traitements
prolongés. Nul ne peut non plus affirmer si un effet sur le rythme
cardiaque ou la pression artérielle est susceptible de persister au
long cours ou s’il cesse au contraire à l’arrêt du traitement.
Dr Roseline Péluchon
Winterstein GA et coll. : Cardiovascular safety of central nervous system stimulants in children and adolescents: population based cohort study. BMJ 2012;345:e4627 doi: 10.1136/bmj.e4627
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