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Un tiers des diabétiques hypertendus auraient une sténose de l’artère rénale

Publié le 30/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le diabète étant associé à un risque accru de lésions artérielles athéroscléreuses, et à un risque accru d’HTA, c’est à la localisation de l’athérosclérose aux artères rénales, que se sont intéressés des auteurs néerlandais, qui ont déterminé la prévalence de la sténose de l’artère rénale chez les patients diabétiques et hypertendus, ayant ou non une réduction de la fonction rénale.

L’étude, prospective, menée dans ce but, a porté sur 54 patients, ayant tous un diabète et une HTA (définie par une PAS dépassant 140 mmHg et/ou une PAD supérieure à 90 mmHg), sans autre cause suspectée de néphropathie que le diabète et l’HTA, qui ont été examinés en angiographie par résonance magnétique (ARM), à la recherche d’une sténose de l’artère rénale.  

Dans cette population d’étude, de 59,5 ± 8,5 ans d’âge moyen, dont l’indice de masse corporelle était en moyenne de 31,4 ± 5,6 Kg/m², comptant 19 fumeurs ou anciens fumeurs, 8 patients avaient un diabète de type 1 et 46 un diabète de type 2, la durée moyenne du diabète étant de 14,6 ± 8,9 ans, et 31 avaient une dyslipidémie. Sur les 54 patients, 50 étaient traités par antihypenseurs (8 patients en prenant 1, 22 en prenant 2, 16 en prenant 3, 3 en prenant 4, et 1 recevant 5 antihypertenseurs), et 39 avaient une réduction de la fonction rénale [définie par un débit de filtration glomérulaire (DFG), estimé par MDRD*, inférieur à 90 ml/min/1,73 m2, les patients ayant un DFG en dessous de 30 ml/min/1,73 m2  ayant été exclus en raison du risque de complications liées aux sels de gadolinium].

En ARM, 18 patients (33 %) avaient une sténose de l’artère rénale, à proximité de l’ostium principalement, réduisant la lumière artérielle de plus de 50 % chez 12 d’entre eux, et la sténose était bilatérale chez 3 patients.

L’analyse relie la présence d’une sténose de l’artère rénale, en comparaison de l’absence de sténose, à 3 facteurs : la pression artérielle diastolique (104 mmHg en cas de sténose vs 96 mmHg ; p < 0,05), le DFG (50 vs 63 ml/min/1,73 m2 ; p < 0,05) et l’existence d’une dyslipidémie (77 % des patients ayant une sténose vs 47 % de ceux en étant indemnes ; p < 0,05).

La sténose de l’artère rénale, qui conjugue ses propres risques d’HTA sévère, d’insuffisance rénale, d’augmentation de la morbi-mortalité cardiovasculaire à ceux du diabète (et complique son traitement), est retrouvée dans cette étude, chez près de 1 diabétique hypertendu sur 3 (la barre de définition de l’HTA étant ici haute, s’agissant d’une population diabétique). La petite taille de l’échantillon soumis à analyse ne permet pas de conclusion formelle, mais, selon les auteurs, incite à rechercher une sténose de l’artère rénale chez les diabétiques hypertendus, notamment lorsque la pression artérielle est difficile à contrôler ou en cas de déclin mal expliqué de la fonction rénale.

* MDRD : Modification of Diet in Renal Disease.



Dr Julie Perrot


Postma CT et coll. : The prevalence of renal artery stenosis among patients with diabetes mellitus. Eur J Intern Med, 2012 ; publication avancée en ligne le 23 juin. (doi: 10.1016/j.ejim.2012.06.003).


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