Le diabète étant associé à un risque accru de lésions
artérielles athéroscléreuses, et à un risque accru d’HTA, c’est à
la localisation de l’athérosclérose aux artères rénales, que se
sont intéressés des auteurs néerlandais, qui ont déterminé la
prévalence de la sténose de l’artère rénale chez les patients
diabétiques et hypertendus, ayant ou non une réduction de la
fonction rénale.
L’étude, prospective, menée dans ce but, a porté sur 54
patients, ayant tous un diabète et une HTA (définie par une PAS
dépassant 140 mmHg et/ou une PAD supérieure à 90 mmHg), sans autre
cause suspectée de néphropathie que le diabète et l’HTA, qui ont
été examinés en angiographie par résonance magnétique (ARM), à la
recherche d’une sténose de l’artère rénale.
Dans cette population d’étude, de 59,5 ± 8,5 ans d’âge moyen,
dont l’indice de masse corporelle était en moyenne de 31,4 ± 5,6
Kg/m², comptant 19 fumeurs ou anciens fumeurs, 8 patients avaient
un diabète de type 1 et 46 un diabète de type 2, la durée moyenne
du diabète étant de 14,6 ± 8,9 ans, et 31 avaient une dyslipidémie.
Sur les 54 patients, 50 étaient traités par antihypenseurs (8
patients en prenant 1, 22 en prenant 2, 16 en prenant 3, 3 en
prenant 4, et 1 recevant 5 antihypertenseurs), et 39 avaient une
réduction de la fonction rénale [définie par un débit de filtration
glomérulaire (DFG), estimé par MDRD*, inférieur à 90 ml/min/1,73
m2, les patients ayant un DFG en dessous de 30 ml/min/1,73 m2
ayant été exclus en raison du risque de complications liées aux
sels de gadolinium].
En ARM, 18 patients (33 %) avaient une sténose de l’artère
rénale, à proximité de l’ostium principalement, réduisant la
lumière artérielle de plus de 50 % chez 12 d’entre eux, et la
sténose était bilatérale chez 3 patients.
L’analyse relie la présence d’une sténose de l’artère rénale, en
comparaison de l’absence de sténose, à 3 facteurs : la pression
artérielle diastolique (104 mmHg en cas de sténose vs 96 mmHg ; p
< 0,05), le DFG (50 vs 63 ml/min/1,73 m2 ; p < 0,05) et
l’existence d’une dyslipidémie (77 % des patients ayant une sténose
vs 47 % de ceux en étant indemnes ; p < 0,05).
La sténose de l’artère rénale, qui conjugue ses propres risques
d’HTA sévère, d’insuffisance rénale, d’augmentation de la
morbi-mortalité cardiovasculaire à ceux du diabète (et complique
son traitement), est retrouvée dans cette étude, chez près de 1
diabétique hypertendu sur 3 (la barre de définition de l’HTA étant
ici haute, s’agissant d’une population diabétique). La petite
taille de l’échantillon soumis à analyse ne permet pas de
conclusion formelle, mais, selon les auteurs, incite à rechercher
une sténose de l’artère rénale chez les diabétiques hypertendus,
notamment lorsque la pression artérielle est difficile à contrôler
ou en cas de déclin mal expliqué de la fonction rénale.
* MDRD : Modification of Diet in Renal Disease.
Dr Julie Perrot
Postma CT et coll. : The prevalence of renal artery stenosis among patients with diabetes mellitus. Eur J Intern Med, 2012 ; publication avancée en ligne le 23 juin. (doi: 10.1016/j.ejim.2012.06.003).
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