> Accueil JIM > Le syndrome du QT long congénital peut être suspecté in utero

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Le syndrome du QT long congénital peut être suspecté in utero

Publié le 30/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le syndrome du QT long [SQTL] congénital fait courir un risque de syncope et de mort subite par troubles du rythme ventriculaires (torsades de pointes, fibrillation ventriculaire) dès les premiers mois de vie.

Comme le risque peut être réduit par un traitement béta-bloquant, il est de l’intérêt des patients que le diagnostic de SQTL soit porté le plus tôt possible. L’idéal serait autour de la naissance, mais est-ce possible ?

Une recherche menée dans la littérature de langue anglaise répertoriée dans Pubmed a permis d’identifier 30 articles pertinents sur la période 1979-2011 : 20 cas cliniques de SQTL avec des troubles du rythme cardiaque in utero ; 5 séries de SQTL incluant des patients avec des anomalies cardiaques in utero ; 5 séries de troubles du rythme cardiaque fœtal (extrasystoles, bradycardies, tachycardies) ayant motivé une échocardiographie fœtale.

Tous les fœtus porteurs d’un SQTL n’étaient pas suspects de SQTL avant la naissance. Il y avait deux raisons à cela. Seulement 20 à 30 % des fœtus porteurs d’un SQTL présentaient des anomalies cardiaques (une proportion probablement sous-estimée) et la plus fréquente de ces anomalies était un rythme cardiaque fœtal [RCF] juste un peu lent.

Un sixième des fœtus avec un RCF inférieur à 110 bpm et pas de malformation cardiaque étaient porteurs d’un SQTL.

Les anomalies détectées chez les fœtus porteurs d’un SQTL comprenaient des troubles du rythme cardiaque : bradycardies sinusales ou par bloc auriculo-ventriculaire fonctionnel et tachycardies ventriculaires ; exceptionnellement, des manifestations d’insuffisance cardiaque (1 hydrops, 1 épanchement pleural). Dix-sept à 35 % d’entre elles se limitaient à une ligne de base du RCF à 110-120 bpm, avec une variabilité réduite, en cardiotocographie. Quelques bradycardies fœtales correspondaient à des blocs auriculo-ventriculaires ; l’échocardiographie était toujours normale dans ces cas-là.

Un allongement de l’espace QT a été démontré avant la naissance dans 5 des cas cliniques, 4 fois par magnétocardiographie, et une fois par électrocardiographie.

Les antécédents familiaux de SQTL n’étaient pas détaillés.

Au total, les SQTL se manifestent par un RCF de base à 110-120 bpm, une bradycardie <110 bpm, une tachycardie, etc. chez environ 30 % des fœtus atteints. Elever à 110 bpm le seuil de bradycardie fœtale, classiquement fixé à 100 bpm, permettrait de suspecter plus de SQTL. Un SQTL peut être affirmé in utero ou peu après la naissance par un électrocardiogramme de surface. Un diagnostic précoce de SQTL implique l’éviction des médicaments qui allongent l’espace QT et un traitement de fond par un béta-bloquant. Ces mesures pourraient prévenir un certain nombre de morts subites du nourrisson.



Dr Jean-Marc Retbi


Ishikawa S et coll. : Fetal presentation of long QT syndrome – Evaluation of prenatal risk factors : a systematic review. Fetal Diagn Ther., 2012 ; Publication avancée en ligne le 6 juillet.


Vous pouvez lire sur un thème proche :


IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions